STORAGE 24 – critique (horreur)

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storage2b242b2528201225291Mondo-mètre :
note 5.5
Carte d’identité :
Nom : Storage 24
Père : Johannes Roberts
Livret de famille : Noel Clarke (Charlie), Colin O’Donoghue (Mark), Antonia Campbell-Hughes (Shelley), Laura Haddock (Nikki), Jamie Thomas King (Chris), Alex Price (Jake), Ned Dennehy (David), Geoff Bell (Bob)…
Date de naissance : 2012
Majorité au : 02 avril 2013 (DVD)
Nationalité : Angleterre
Taille : 1h27
Poids : environ £ 1 million

Signes particuliers (+) : Un petit film d’horreur en huis clos mettant aux prises un petit groupe et une créature extraterrestre tapie dans l’ombre d’un décor labyrinthique. Sans prétention, une série B sympathique et distrayante.

Signes particuliers (-) : Beaucoup d’emprunts, de références et de recyclage nuisent à l’originalité de l’oeuvre qui tombe dans l’anecdotique et le mineur. Sans génie et avec une seconde partie qui aurait pu être meilleure.

 

LE GARDE MEUBLE DE LA MORT

Résumé : Quelques amis se retrouvent coincés dans un garde meuble alors que le rideau de fer d’entrée fait des siennes. Shelley et Dylan y font le tri de leur affaire alors qu’ils se séparent. Dehors, Londres est un peu sonnée après le crash d’un avion cargo en pleine ville. Un avion militaire qui transportait une terrifiante créature mystérieuse désormais dans la nature…

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L’INTRO :

Dans la foulée de son F (2010), thriller-slasher en huis clos dans un lycée attaqué par une mystérieuse bande de jeunes agressifs et tueurs, nous nous sommes penchés sur le dernier film du jeune réalisateur britannique Johannes Roberts. Storage 24 est une autre série B de genre reprenant le concept du huis clos mais à des fins horrifico-fantastiques cette fois-ci. Le film s’était payé un petit tour des festivals en 2012 (Londres ou le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg) mais n’avait pas reçu un très bon accueil. F avait été tourné avec un micro-budget d’environ 150.000 livres. Pour Storage 24, Johannes Roberts obtient un peu mieux tout en restant dans le petit budget puisque ce nouveau long-métrage a été emballé avec un peu plus d’un million de livres. Avec sa créature extraterrestre en plein cœur de Londres, cachée dans les obscures allées d’un garde meuble fermé où sont piégés un petit groupe de clients, il lorgne du côté d’un autre film anglais récent invitant des aliens peu chaleureux dans la métropole britannique, le très bon Attack the Block découvert en 2011. Décidément, le Royaume-Uni semble s’être pris d’affection pour les petits films de genre à invasion extraterrestre à micro-échelle puisque l’on peut également évoquer le très sympa Grabbers, autre récent faible budget sur la même thématique.

Capture d’écran 2013-08-11 à 15.16.30
L’AVIS :

Johannes Roberts a des moyens limités et ne peut logiquement pas s’amuser à laisser libre court à des ambitions très spectaculaires. Le huis clos devient alors le moyen idéal pour à la fois verser dans ce qu’il a envie de mettre en boîte tout en restant dans la maîtrise financière puisqu’il requiert peu de choses, un cadre astucieusement déniché, quelques comédiens et une pincée d’effets spéciaux qui pourront être contrôlés avec un peu de ruse et une écriture privilégiant le suspens du hors champ et l’ambiance au démonstratif criard. Avec une dizaine de comédiens tout au plus, Storage 24 nous emmène donc dans les couloirs labyrinthique d’un étrange garde-meuble pour une chasse à l’homme traqué par une immonde créature terrifiante tapis dans les recoins, chasse qui n’est pas sans rappeler le premier Alien (visiblement la première influence Roberts) qui jouait avec les mêmes ingrédients. Une glorieuse référence dont Storage 24 est quand même très loin.

Capture d’écran 2013-08-11 à 15.16.40

S’il démarre plutôt bien, avec certaines qualités déjà entrevues dans F, en l’occurrence un certain talent pour créer des personnages crédibles, des situations dramatiques et interactions intéressantes (même si elles ne sont pas forcément très novatrices), Storage 24 tombe malheureusement dans un grand nombre de maladresses et choix hasardeux qui en atténuent l’impact et la réussite. Sa deuxième moitié n’est pas gérée au mieux et Roberts aurait pu aisément faire mieux, notamment dans la gestion de la densité et de la terreur pure en étant plus astucieux et surtout plus inventif, la malice de sa petite péloche étant aléatoirement optimale. Néanmoins, s’il n’est pas une pépite roublarde et redoutable d’efficacité, Storage 24 fonctionne comme une sympathique série B pop corn pour petite soirée détendue. Rythmée, bien exécutée, avec une fois de plus une qualité cinégique agréable le tirant des bas fonds du DTV miteux, le divertissement proposé est anecdotique et parfois facile, mais il a le mérite d’être tout à fait regardable et distrayant. Johannes Roberts propose une sorte de version plus horrifique du Super 8 de l’ami J.J. Abrams avec son avion cargo militaire écrasé dans Londres laissant s’échapper une mystérieuse créature hideuse. Les effets spéciaux sont plutôt corrects à défaut d’être géniaux, la facture honnête sans être brillante et les situations bien pondues à défaut d’être inspirées et créatives, démontrant une trop forte attirance pour le déjà-vu avec des emprunts à tout plein de péloches en plus de celles déjà précitées, de Relic à Mimic, en passant par La Mouche voire The Innkeepers. Oui, Storage 24 n’est pas un grand film, c’est même une petite œuvre de genre passionnée mais très mineure multipliant les personnages et situations narratives clichées. Mais elle pourra quand même faire office d’honorable bouche trou un soir de manque. Johannes Roberts est un modeste artisan qui ne manque pas de talent mais qui gagnerait à être plus créatif au lieu de trop respecter le genre au point d’y puiser la plupart de ses idées. Il serait intéressant de le voir à la tête d’un film un poil plus ambitieux que la simple série B d’exploitation et si possible avec de solides comédiens, ce qui fait un brin défaut ici.

Bande-annonce :

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