RED 2 de Dean Parisot – critique avant-première (comédie d’action)

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21014630_20130621185839634.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre :
note 6.5
Carte d’identité :
Nom : Red 2
Père : Dean Parisot
Livret de famille : Bruce Willis (Frank), John Malkovich (Marvin), Mary-Louise Parker (Sarah), Catherine Zeta-Jones (Katja), Helen Mirren (Victoria), Anthony Hopkins (Bailey), Brian Cox (Ivan), Byung-Hun Lee (Han), David Thewlis (La Grenouille), Neal McDonough (Horton)…
Date de naissance : 28/08/2013 (en salles)
Nationalité : États-Unis
Taille : 1h56
Poids : 84 millions $

Signes particuliers (+) : Un distraction estivale légère, fun, drôle et remuante, remplissant allègrement son cahier des charges en surpassant son modèle. Casting cinq étoiles, virée aventureuse à travers le monde, spectacle dense et musclé en appelant parfois au vintage et humour ravageur en appelant lui à quelques délicieuses références cinéphiliques, Red 2 est du bon pop corn emballant bon esprit, sans prétention autre qu’amuser.

Signes particuliers (-) : On pourrait trouver à redire sur tout dans ce genre de produit très calibré, du scénario à la réalisation, de la construction au manque d’originalité mais qu’importe. Aussi peu consistant soit-il, il régale sur l’instant.

 

LES PAPIS FONT DE LA RÉISSTANCE

Résumé : Frank Moses, ex-agent de la CIA désormais retraité, voit la voiture de son ami et ex-collègue Marvin exploser sous ses yeux. A l’enterrement, il est emmené par le FBI qui souhaite le questionner sur un mystérieux projet appelé Nightshade. Le questionner avant de le tuer. le début d’une cavale à travers le monde pour essayer de comprendre ce qu’est Nightshade…

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L’INTRO :

Après l’énorme carton surprise il y a trois ans de la comédie d’action senior Red, qui avait engrangé pas moins de 200 millions de dollars dans le monde pour un budget d’à peine 58 pions, on n’imaginait plus que mal les huiles des studio Summit Entertainement and Co en restaient là avec ce triomphe isolé sur les bras. L’hypothèse d’une séquelle a très rapidement été évoquée, sa mise en chantier très rapidement prévue, restait juste à attendre qu’un trou se débouche dans l’agenda surchargé de monsieur Bruce « j’en ai marre de faire des films d’action mais comme ça rapporte un max de tunes, je continue » Willis. La suite n’était pas bien compliqué puisque Red 2, c’est presque tout pareil que Red 1. On reprend un gros casting, encore, on reprend la même recette, encore, on reprend les mêmes intentions, encore, on sort ça à peu près à la même période… ah non pas encore. Etrangement, il faut reconnaître que les Red fleurent bon le divertissement estival débridé. Pourtant, le premier était sorti en novembre 2010. En soi, rien de grave. Sauf que sorti logiquement cette fois en plein été, malheureusement le Red 2 s’est littéralement rétamé. Avec son budget sensiblement plus gros (de 58, on passe à 84 millions) et son ton comico-spectaculaire, cette séquelle alignant les stars potentiellement bankable a plongé et bu la tasse, ressortant comme l’un des échecs du box office américain de l’été 2013 avec 51 millions amassés, loin du total dépensé.

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L’AVIS :

Pas le même succès et c’est bien dommage car Red 2, c’est grosso modo le premier avec encore plus de générosité au service d’une pop connerie distrayante, légère et réjouissante. Confié à Dean Parisot (attention danger, l’homme qui a signé Galaxy Quest) qui prend la suite de Robert Schwentke, Red 2 perd logiquement quelques comédiens en route dont notamment Morgan Freeman et Ernest Borgnine (décédé à quelques semaines du tournage), mais en gagne une flopée d’autres pour au final une grosse distribution clinquante illuminée de stars. Côté « vieux old school à la retraite », Bruce Willis rempile bien évidemment, de même que John Malkovich et Helen Mirren ou même Brian Cox dans son petit rôle d’espion russkoff. Mary-Louise Parker est également à nouveau de la partie mais avec un rôle plus développé. Enfin, rejoignent tout ce beau monde, rien de moins que Catherine Zeta-Jones, le coréen déchainé Lee Byung-Hun (I Saw the Devil, A Bittersweet Life), David Thewlis ou Anthony Hopkins… C’est beau, non ?

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Difficile de refaire la même blague une seconde fois surtout quand la première était sympathique mais pas non plus transcendante. Red 2 partait franchement sur une planche savonnée d’avance. Distraction énergique, bien emballée et souriante il y a trois ans, l’actionner rigolo de Schwentke n’avait pas non plus laissé un souvenir impérissable, bien au contraire. Cet agréable plaisir fun de l’instant se laissait même oublier assez vite post-dégustation, une fois évaporée la sensation d’amusement de voir ces « vioques » dessouder du bad guy à tour de bras en apportant la preuve qu’ils ont de beaux restes. Le tour de force accompli par Dean Parisot n’en est que plus respectable. Pas grand monde n’attendait ce Red 2 avec une folle impatience et c’est plutôt dommage car cette séquelle vient s’inscrire dans la logique d’un été finalement plutôt bien pourvu en blockbusters sympathiques et de bonne facture. Après Man of Steel, Lone Ranger, Pacific Rim, Kick Ass 2, Elysium, Insaisissables, Wolrd War Z et même Les Flingueuses, Red 2 est une nouvelle surprise qui fait sonner un coup de gong supplémentaire pour annoncer que ce bon cru qu’est l’été 2013, vient d’enregistrer un nouveau membre.

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Comme son modèle, Red 2 est un peu bête, pas mal facile, et très improbable. Il n’invente rien, ne vole pas haut, se contente de réciter son cahier des charges basé sur une recette très connue mais voilà, le résultat est aussi fun que léger, aussi distrayant qu’enthousiasmant et surtout, il surclasse le premier opus allègrement. Oui, Red 2 appartient à ce club très select des films qui réussissent à être meilleur que leur modèle comme si après un brouillon, la petite pépite était à venir car elle a su apprendre de ses erreurs. Pas question d’essayer de vendre Red 2 comme un chef d’œuvre ou le renouveau de la comédie d’action des années 80, attention. Mais de ce divertissement rondement mené et plein d’envie, se dégage un dynamisme vivifiant et puissamment déterminé à faire passer un agréable moment sans temps morts et sans impression d’arnaque sur la marchandise. Rien n’a fondamentalement changé mais les qualités ont été améliorées et les défauts un peu atténués. Red 2 est une grosse balade à travers le monde nous emmenant des Etats-Unis à Moscou en passant par Londres ou Paris. Un petit plaisir d’ailleurs pour nous, public français, qui allons pouvoir se régaler d’abord de voir Willis et toute sa bande littéralement défoncer Paris et notamment l’île Saint-Louis et les quais à grands coups de courses-poursuites et de mitraillages en règle mais aussi d’entendre certains répliques assez cocasses (Willis souhaitant se rendre au « Crédit Lyonnais » ou Zeta-Jones commandant un « kir royal » sont des moments uniques d’incongruité !). Rien n’a donc changé dans cette aventure aux quatre coins du monde, quelques gags drôles côtoyant un gros paquet d’action divertissante rondement emballée dans un package « plaisir d’offrir » simpliste et immédiat. Les bastons sont extrêmement efficaces (pour ça, merci à Lee Byung-Hun qui déploie sa technique et envoie le pâté), l’aventure permanente, le ton enjoué et exalté et en prime, entre deux accalmies de ces excités de la gâchette, c’est bourré de private joke pour cinéphiles littéralement délicieuses (voir Helen The Queen Mirren devant jouer les folles pour pénétrer dans un asile, se faire passer pour la Reine d’Angleterre est un pur bonheur, au moins autant que lorsqu’elle s’amuse à parodier Angelina Jolie dans Wanted en tirant depuis une bagnole sous haute chorégraphie irréaliste).

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On peut pas vous dire mieux que : Red 2 c’est super chouette et très cool. Car c’est un peu l’idée. Un film pas forcément qualitatif, pas forcément tourné au génie, pas forcément impérissable non plus. Mais un film survitaminé débordant d’envie, d’humour, de fraîcheur et de spectacle. La vérité est que l’on y passe un bon moment agréable et très détendu au rythme virevoltant d’un divertissement distrayant et dense, à la fois moderne et quelque part un peu rétro, regardant vaguement pardessus son épaule en direction des vieux films d’espionnage des années 60-70. Le casting brille, Malkovich en tête, c’est très honnêtement exécuté, bref, ça passe comme une lettre à la poste dira t-on !

Bande-annonce :


Leatherface Huxley – Août 2013

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