PARKLAND de Peter Landesman
– critique – en salles – (drame historique)

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note 6
Carte d’identité :
Nom : Parkland
Père : Peter Landesman
Livret de famille : Zac Efron (Dr. Jim Carrico), Marcia Gay Harden (infirmière Doris Nelson), Billy Bob Thornton (Sorrels), Paul Giamatti (Zapruder), Jacki Weaver (Marguerite Oswald), James Badge Dale (Robert Oswald), Jackie Earle Haley (Père Huber), Tom Welling (Kellerman), Jeremy Strong (Lee Oswald), Ron Livingston (Hosty), Colin Hanks (Dr. Perry)…
Date de naissance : 2013
Majorité au : 02 octobre 2013 (en salles)
Nationalité : USA
Taille : 1h34
Poids : 10 millions $

Signes particuliers (+) : Un beau drama historique choral, s’immisçant dans la petite histoire évoluant conjointement dans l’ombre de la grande pour nous offrir un autre éclairage différent et original sur l’une des journées les plus sombres de l’histoire des États-Unis. Intéressant.

Signes particuliers (-) : Toute aussi ludique soit-elle, la plongée de Landesman n’exploite pas suffisamment sa passionnante démarche. Parkland reste trop ancré dans l’anecdote, dans la recherche de l’émotion à tout prix, et sa structure chorale n’est pas toujours bien maitrisée et se perd parfois dans la confusion.

 

C’ÉTAIT IL Y A 50 ANS…

Résumé : 22 novembre 19693. Dallas. Le Président John F. Kennedy est assassiné. Le récit de cette journée maudite et des trois qui suivirent, à travers le regard d’un poignée d’anonymes qui vont se retrouvé impliqués malgré eux à des degrés différents…

PARKLAND
L’INTRO :

Le 22 novembre 1963 restera à jamais comme la date de l’un des plus grands traumas de l’Amérique. Le jour où elle s’est rendue compte que l’ennemi pouvait agir de l’intérieur. Le jour où elle s’est rendue compte qu’elle pouvait être encore vulnérable au-delà de sa solidité apparente, mais aussi le jour où elle a communié à l’unisson en pleurant la perte de l’une de ses figures de légende : JFK. Parkland revient sur ce drame mais non pas à la manière d’une fiction crédible décortiquant l’enquête tristement passionnante façon le film culte d’Olivier Stone, mais avec une approche pas loin du docu-fiction se détachant du tragique fait divers en lui-même pour adopter un autre point de vue plus original, ou plutôt d’autres points de vue, puisque le film s’attache au regard et aux répercussions sur quelques exemples d’américains particulièrement impliqués dans ce sinistrement mémorable Jour J et ceux qui l’ont immédiatement suivis. Son auteur Peter Landesman, dont c’est le premier film, s’est notamment basé sur la méticuleuse et très détaillée retranscription des faits narrée par l’écrivain Vincent Bugliosi dans son livre Four Days in November : The Assassination of President John F. Kennedy. Le postulat de Parkland était, plutôt que de choisir un angle classique déjà traité au cinéma, de s’immiscer dans la façon dont ont vécu cette journée, le médecin qui a pris en charge le Président à l’hôpital de Dallas, une infirmière qui a tout suivi depuis le bloc opératoire, le badaud qui avec sa petite caméra Kodak a filmé les fameuses images bien connues de l’assassinat, le chef des services secrets de Dallas dépassé, un des chargés de la sécurité du défunt chef de l’Amérique, le frère et la mère du principal suspect Lee Harvey Oswald ou encore un agent du FBI qui avait déjà eu affaire à ce dernier… A la base, Parkland devait être une mini-série HBO. Finalement, c’est un film de cinéma qui a été privilégié et qui sort en salles précisément 50 ans après les évènements.

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L’AVIS :

Avec Parkland, l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy trouve un nouvel éclairage en ce que ce travail de Landesman se permet d’aborder le drame différemment, ce qui lui évite de tomber dans la redite facile des faits trop largement connus pour intéresser. Avec beaucoup de concision et un regard passionnant posé sur les évènements, le cinéaste nous promène avec beaucoup d’émotion dans la petite histoire cachée derrière la grande et signe une œuvre haletante qui s’est elle-même baladée de festival en festival, passant par Toronto, Deauville ou Venise. Film choral interprété par une pléiade de stars discrètes et effacées derrière l’importance du sujet (Zac Efron, Billy Bon Thornton, Marcia Gay Harden, Jacki Weaver, Paul Giamatti, Tom Welling, Ron Livingston, James Badge Dale, Jackie Earle Haley…), Parkland réussit à nous plonger en immersion dans son époque, dans son moment, dans son récit, à la force d’une reconstitution d’une intense précision chirurgicale et surtout, d’une atmosphère étudiée qui rend bien les sentiments de l’immédiateté des évènements, entre aux gravité, lourdeur, Capture d’écran 2013-10-03 à 07.43.49temps suspendu, personnages déboussolés et désorientés. Le résultat opère très vite comme un document témoin plus que comme un film et trouve le moyen de quelque part fasciner au-delà de ses nombreuses maladresses. A ce titre, on relèvera une maîtrise aléatoire, tantôt brillante tantôt pêcheuse, une entame au montage assez confus, au moins autant que l’effet de panique désordonnée qu’il essaie ensuite de retranscrire avec une adresse relative, ou encore une musique trop présente qui participe à cette manie du réalisateur de ne pas laisser assez vivre son drama comme le quasi docu-fiction qu’il aurait pu être et qui à la place, s’appesantit trop souvent sur la facilité de l’émotion suscitée au lieu de développer sa minutie du détail bien documenté. Récit centré sur des faits précis et particulièrement choisis, Parkland respecte son cahier des charges de pas ne s’ouvrir sur un film sur l’assassinat en lui-même mais se focalise sur l’impact qu’il a eu sur une poignée de gens ordinaires. La démarche est entendable et le film reste du coup vissé à la ligne directrice qu’il s’était fixé. Sauf que dès lors, une certaine dichotomie frustrante finit par s’installer. Même s’il est censé être la toile de fond, le meurtre ne peut apparaître autrement que comme le centre de gravité de l’œuvre et des ramifications qu’elle développe. Son manque d’approfondissement finit alors par poser un petit problème de consistance lorsqu’il rencontre le manque de développement de la galerie de personnages qu’il met en scène, intelligemment choisis mais trop survolés pour laisser le temps d’en saisir la profondeur. Parkland devient alors une œuvre intéressante à défaut d’être passionnante, plus ancrée dans l’anecdote que dans la réflexion sur cette tragédie qui cinquante ans après, reste encore une plaie béante dans l’inconscient de tout un pays. Un film notable mais mineur, à propos duquel on en viendrait presque à se demander si l’optique de la mini-série n’aurait pas mieux convenue, eu égard à son traitement.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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