« PAPA OU MAMAN » : RENCONTRE AVEC MARINA FOÏS, LAURENT LAFITTE ET MARTIN BOURBOULON

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536272A l’occasion de la sortie de la comédie Papa ou Maman de Martin Bourboulon, avec Marina Foïs et Laurent Lafitte, nous avons eu la chance de rencontrer l’équipe du film pour un questions/réponses placé sous le haut signe de la rigolade. Au cinéma mercredi 04 février, Papa ou Maman raconte la guerre déjantée que se livre Florence (M. Foïs) et Vincent Leroy (L. Lafitte), un couple qui divorce et qui se dispute… la NON-garde des enfants !

Retrouvez notre critique du film ici.

Vidéo : Retrouvez la rencontre en images, filmée par nos amis de Au Café des Loisirs en cliquant sur le lien suivant : ICI.

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Comment vous est venue cette idée de ne pas vouloir avoir la garde des enfants ?

Martin Bourboulon : C’est une idée qui a été initiée par Guillaume Clicquot. Nous sommes arrivés sur le projet après que ce jeune homme ait eu cette idée…

Marina Foïs : Jeune… Je l’ai vu au festival de l’Alpe d’Huez… Je parlerai pas de jeunesse moi mais bon…

Martin Bourboulon : Il n’est pas vieux mais il n’est pas frais.

Marina Foïs : Je pense qu’il n’a jamais été jeune en fait. Il a une tête à avoir été vieux dès la naissance. Mais il a du talent.

Martin Bourboulon : Après plusieurs versions du scénario et la version finale de Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière (les scénaristes-réalisateurs de Le Prénom et Un Illustre Inconnu – ndlr)…

Marina Foïs : J’ai décidé de participer tout le temps, excusez-moi. Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière qui sont arrivés après 18 versions pour écrire celle que nous avons tourné.

Laurent Lafitte : Pas d’autres questions ? Merci, au revoir !IMG_1983

Est-ce que le scénario a été suivi à la lettre ou il y a t-il eu une part d’improvisation ?

Martin Bourboulon : Oui…

Laurent Lafitte : Non, quand il y a deux propositions dans une question, tu peux pas répondre « oui ». Faut choisir.

Martin Bourboulon : Non, le scénario n’a pas été suivi à la lettre et oui, il y a eu de l’improvisation. Des améliorations, des propositions. C’est la théorie et la pratique. Il y a la théorie sur le papier pendant la préparation et la pratique avec la vie du tournage. Ça reste une matière vivante.

Marina Foïs : En fait, sur la comédie, mais sur tout d’ailleurs, il y a des choses qui marchent à l’écrit et qui ne marchent pas une fois incarnées. Soit on trouvait ça trop trash, comme de la violence verbale envers les enfants qui n’était pas nécessaire, ou alors à l’inverse, des choses qui nous paraissaient drôles et qui faisaient un flop. On a toujours été vigilant là-dessus. Et Martin aimait bien, en fin de scène, laissait courir. Une fois que ce qu’il y avait à jouer avait été joué, on avait le droit à toutes les dérives et impros. Et on ne s’est pas gêné. Et je peux vous dire qu’il y a un certain nombre de trucs qui n’ont pas pu être gardés au montage !

Laurent Lafitte : Il y aura peut-être un director’s cut. Ou un actor’s cut plutôt.

Martin Bourboulon : Mais beaucoup d’impros sont dans le film, notamment ces fins de scènes.

Marina Foïs : Oui mais il y a plein d’impros avec des accessoires qui n’ont pas été validées. Notamment, puisqu’on est entre nous… Il y avait une scène au moment de l’anniversaire où Laurent a un sabre. La fin de la scène, on s’embrasse et il y a rapport sexuel. Il voulait m’empaler avec le sabre. On a été censuré. Après, on faisait l’amour puis cut. Martin voulait qu’on soit nus au lit, une scène un peu sensuelle. Nous, ça nous comblait pas. On s’est mis tout nu dans le lit et très délicatement, Laurent s’est mis le sabre dans le cul. C’était hyper drôle sans déconner. Mais ça n’a pas été gardé. Pathé, la famille, tout ça…papa ou maman 2

Quelle est la crasse que vous avez préféré tourner aux enfants ?

Laurent Lafitte : Dans le film, j’ai bien aimé le paintball. Parce que je leur ai vraiment tiré dessus. Ils étaient protégés bien sûr.

Marina Foïs : Je ne sais pas. En fait, moi je ne croyais pas à 100% à la scène où je coupe les cheveux de mon fils. J’arrivais pas voir comment ça allait être drôle. Et puis j’ai eu l’accessoire en main. Le gamin avait un faux crâne. Et quand j’ai fait le geste, on voit qu’à l’image je ris. En vrai, je ne devais pas rire. Mais c’est moi, Marina, qui rigole de ce que je venais de faire. Et ça a plu à Martin car c’était une vraie réaction. Sinon, rien à voir, mais il y a un autre moment que j’ai bien aimé car il a demandé un vrai engagement de ma part. C’est la scène avec Michel Vuillermoz où on s’embrasse. Au bout de trois ou quatre prises, Laurent qui était à côté pour faire le contre-champ a couru vers moi et m’a dit « tu veux pas mettre une grosse langue ? » Évidemment, ça m’a paru être une très bonne idée… Martin paniquait, il avait peur d’un complot. Je riais à l’avance. On n’a pas prévenu Michel. Bon, ça m’a dégouté un peu mais je savais que ça serait drôle. Et j’en remercie Laurent.

Laurent Lafitte : Je savais qu’elle allait le faire mais je ne pensais pas qu’elle allait autant l’assumer. Je pensais qu’elle ferait une bonne grosse pelle mais pas un truc de chameau non plus.

Martin Bourboulon : Pour moi, c’était du bonheur, des acteurs et actrices qui s’engagent comme ça…

Laurent Lafitte : Ouais enfin, pourtant, une épée dans le cul, t’as pas beaucoup accroché hein…IMG_2012

Dans la guerre que se livre les personnages, ça rappelle un peu La Guerre des Rose. Est-ce que ça a été une source d’inspiration ?

Martin Bourboulon : C’est un film qu’on aime beaucoup donc forcément, on y pense. Bon, c’est moins dramatique.

Marina Foïs : J’aime le fait que ça aille jusqu’au bout dans La Guerre des Rose. Le fait qu’ils meurent à la fin.

Laurent Lafitte : Marina voulait qu’on tue les enfants.

Martin Bourboulon : Non, nous, on voulait que ça s’arrête quand ils prennent conscience que ça va trop loin. L’attaque physique sur les enfants. C’est tourné en dérision car c’est dans le cadre une folie un peu irrationnelle. Ils sont quand même habillés en pirate et en fée clochette quoi.

Justement, vous ne pourriez pas adapter le scénario aux États-Unis…

Marina Foïs & Martin Bourboulon : Bah pourquoi ?

Laurent Lafitte (ironiquement) : Non, c’est pas possible. Non. Déjà parce que ça serait un autre acteur que moi. Et ça, c’est pas possible.

Martin Bourboulon : Si ça serait possible. C’est un hème universel.

Marina Foïs : Vous trouvez qu’ils sont trop politiquement corrects ? La comédie américaine peut être trash.

La rencontre est interrompue par deux consœurs attendues à dîner et qui devaient s’échapper discrètement…Grand moment d’hilarité de la salle…

Marina Foïs : Non, vous restez mesdemoiselles !

Laurent Lafitte : Vous venez au cinéma gratuitement, vous avez les acteurs qui viennent vous parler… Non mais c’est dingue ça ! C’est parce qu’il n’y a pas de pop corn ? Un dîner ? Il est 20h45, ça va !

Marina Foïs : Bon allez, allez-y…

Les deux malheureuses s’excusent platement, précisant qu’elles ont adoré le film.

Laurent Lafitte : Ouais, c’est ça… Et bon appétit ! La bise à mémé.IMG_1996

Vous pourriez nous parler de cette magnifique expression « tranquillou bilou ? »

Laurent Lafitte : Tranquillou bilou, bien sûr… Expression des années 80.

Marina Foïs : C’est quoi, je m’en souviens pas.

Martin Bourboulon : C’est chez le juge et face aux enfants. C’est Laurent. C’est venu une fois et voilà.

Laurent Lafitte : C’est le « oki doki » des américains. Vous voyez que ça adapte aux Etats-Unis !

Pour revenir sur la scène des gifles justement. Elle a été faite une fois ou il a fallu la recommencer plusieurs fois ?

Laurent Lafitte : Non, on en a fait pas mal.

Marina Foïs : Sur deux jours, même.

Martin Bourboulon et Laurent Lafitte : Non…

Marina Foïs : Si, le lendemain matin, rappelez-vous. On a tourné l’après-midi et à la fin de la journée de claques, parce que c’était très découpé et répété avec un cascadeur… C’est hyper chiant à faire. A la fin de la première journée, nous on avait pas ressenti de violence interne avec Laurent. On était frustrés. Donc on a proposé à Martin de ré-attaquer le lendemain matin avec de vraies claques. Parce qu’on pensait tous les deux que si on avait mal en vrai, on serait plus drôles. Moi je voulais avoir la joue rouge et les yeux qui pleurent. Je voulais que ce soit vrai et Laurent était d’accord. Puis il y avait les enfants. Et les enfants étaient d’accord pour qu’on les tarte. Mais il y avait une espèce d’assistant et des producteurs qui trouvaient ça choquant. Alors que eux étaient prêts à le faire ! Ça va, on n’allait pas leur démonter la tête non plus. Du coup, on ne l’a pas fait.

Ça faisait quoi de tout péter Marina, les ordinateurs, la maison etc…

Marina Foïs : C’est très agréable. D’abord parce que moi je le fais dès fois dans la vie donc je sais de quoi je parle… Et puis là, je savais que je ne regretterai pas les objets car ils étaient pas à moi ! C’était une demande, donc sans la culpabilité que je peux avoir quand j’ai des colères dans la vie, ce dont j’ai honte. C’était bon.papa ou maman 1

Si la question devait se poser, vous feriez la même chose dans la vraie vie ? Enfin, si vous étiez ce couple…

Marina Foïs : Le même couple ? Donc ça veut dire qu’il faudrait qu’on commence par faire des enfants ensemble ?

Laurent Lafitte : Ouais, et ça c’est chaud. J’aurai tendance à dire non mais… ça devient tellement irrationnel, c’est tellement de la folie, que pourquoi pas.

Marina Foïs : Y’a bien des gens dans la vraie vie qui tuent. J’ai un ami qui est flic. Il m’a raconté une affaire, un couple qui divorce, le mec a rencontré une nouvelle femme très possessive et jalouse, ça se passe mal avec l’ex-femme, y’a des problèmes de garde… Quelle solution il trouve ? Bah il a tué ses deux enfants.

Laurent Lafitte : Pas con. (rires) Non mais finalement, les gens se font parfois plus de mal en se battant pour la garde…

Non mais c’est vrai qu’au début, ils sont un peu débordés ces parents… Ils sont odieux ces gamins quand même.

Marina Foïs & Laurent Lafitte & Martin Bourboulon : Non, ils sont pas odieux.

Martin Bourboulon : Ils ne sont plus vraiment des enfants, pas encore des adultes. Ils sont dans une zone frontalière de l’adolescence un peu chiante. Ils ne sont pas si odieux, ils sont comme ils sont. Bon, on charge un peu aussi.

Marina Foïs : C’est toute la famille qui est caricaturale. Les enfants sont chiants mais les parents dans cette volonté de faire tout bien et tout, ils sont crispants aussi. Et je pense, pour faire une analyse psychologique de Prisunic, que les enfants sont d’autant plus chiants que les parents sont faux. Y’a de l’hystérie dans la famille. Je pense qu’ils sont récupérables ces enfants. Enfin, arrêtez d’en dire du mal, ce sont mes enfants !papa ou maman 14jpg

Est-ce que pour vous mettre dans l’ambiance du film avec les crasses, vous vous en êtes fait aussi entre vous ?

Laurent Lafitte : Mais bien sûr.

Marina Foïs : Je t’ai crevé les pneus.

Laurent Lafitte : Je t’ai vidé de la glue dans ta serrure de bagnole.

Marina Foïs : Il avait un projet de film et je connaissais le réal, donc je lui ai dit de ne pas le prendre et il n’a pas fait le film. Je lui ai volé une Rolex. Et je l’ai épilé.

Laurent Lafitte : Non mais sérieusement, vous pensez vraiment qu’on allait se faire des vraies crasses ?!

L’ambiance du film aurait pu inspirer une ambiance hors caméra. Avec des choses moins graves que ça, bien sûr. Des petites farces quoi.

Martin Bourboulon : Non mais on avait un film à faire quand même, un peu.

Marina Foïs : Non, notre registre de blague était à base de textos, qu’on appelait les « oups ». On faisait semblant d’envoyer par erreur des textos. Par exemple, j’envoyais à Laurent « Oh, j’ai adoré cette préparation des costumes avec toi, c’était bien de baiser avec toi dans la cabine d’essayage ! » comme si je m’adressais à Martin. Puis je rajoutais ensuite « oups ». Bon, c’est naze. De toute façon, elle est pourrie votre question !

Comment s’est fait le casting ?

Martin Bourboulon : De ce film ?

Bah d’un autre film si vous voulez mais bon, de celui-là, ça serait mieux.

Laurent Lafitte : Ça se tient, en même temps…

Martin Bourboulon : Pour interpréter ça, il faut quand même des acteurs assez forts et très complets, qui savent passer d’un registre à l’autre. Je voulais des acteurs qui aient en eux un sens de la comédie, plus qu’un numéro de comique. C’est pas la même chose. Ils ont ça. Ils ont le sens du rythme, ils sont très complices. Plein de choses.

Marina Foïs : Je crois que Martin n’a pas mangé depuis longtemps. Il aime manger et il est en hypoglycémie là.

Martin Bourboulon : Je voulais un casting en fonction de ça. Il n’y en a pas beaucoup en France qui savent faire ça.

Laurent Lafitte : Pas faux.

Martin Bourboulon : Mais au sens large… Même si c’est une comédie et que l’ambition première était d’être drôle… Entre les enfants, les parents, les seconds rôles, je ne voulais pas d’interventions ou de guests comiques qui venaient faire un passage pour amuser la galerie.

Laurent Lafitte : Qui par exemple tu ne voulais pas ?

Martin Bourboulon : Non, c’était de faire le choix d’acteurs qui ne viendraient pas forcément de l’univers de la comédie pour essayer de jouer les situations dites de « comédies » le plus simplement possible, le plus premier degré. Parce qu’on a toujours décidé ensemble qu’on s’effacerait. C’était pas les acteurs qui devaient être drôles mais la situation qui l’était. Et on sentait que c’était comme ça qu’il fallait qu’on avance pour que le film, sur ce pitch un peu dingue, soit le plus vraisemblable possible et ne soit pas juste une farce. C’est pour ça qu’on fait appel à Michel Vuillermoz qui vient plutôt du théâtre, Anne le Ny qui joue de manière très sobre.IMG_1997

C’était vos premiers choix ? (la salle éclate de rire devant la tête de Laurent Lafitte)

Laurent Lafitte : Pourquoi vous voulez mettre la merde, on s’entendait bien. On est heureux et tout. C’est fou ça ! Non, moi, je sais que non… Vous êtes contente ? Hein ! Vous êtes heureuse ? Et toi, t’étais un premier choix ?

Marina Foïs : Je crois que oui. On m’a toujours fait croire que oui mais après…

Martin Bourboulon : le problème, c’est que c’est très difficile d’avoir Laurent Lafitte. On est obligé de passer par d’autres pour arriver à…

Laurent Lafitte : C’est pas faux.

Martin Bourboulon : Cinéma, théâtre, beaucoup de propositions… Étrangères, françaises…

Marina Foïs : En tout cas, moi qui aie assisté à tout, je peux vous dire… Il y en a eu un avant au moment où il était question que tu ne sois plus disponible… (Gilles Lellouche, selon la rumeur – ndlr). On a très vite remplacé l’autre mais c’était par contre très difficile d’imaginer quelqu’un d’autre quand vous avez en tête Laurent Lafitte. On n’y arrivait pas.

Martin Bourboulon : C’est ça. C’est le choix d’un couple. Et moi ce couple là, quand je me le suis représenté et que je me suis fait à l’idée que c’était eux… J’ai eu un coup de cœur pour ce couple. Ç’aurait été trop cruel de changer.

Marina Foïs (à voix basse) : Je crois qu’il projette des trucs très intimes sur nous, en fait…

Laurent Lafitte : J’ai bien aimé le « Une fois que je me suis fait à l’idée que c’était eux… » Non, je sais qu’il a été très patient et qu’il nous a vraiment désiré dans ce film là. On a eu les bonnes preuves aux bons endroits.IMG_2013

Vous avez gagné un prix (à l’Alpe d’Huez), ça s’annonce bien…

Marina Foïs : Oui mais les Labels, c’est vraiment un truc des autres. « Comédie de l’année », « Meilleur film de l’année »… C’est des trucs qu’on entend toutes les semaines. Nous, de l’intérieur, je ne connais pas une équipe qui se qualifie de « comédie de l’année ». Ce n’est pas un truc qui nous appartient. Nous, on aime notre film, on a envie qu’il marche parce qu’on veut qu’il plaise. Mais on ne s’oppose à rien.

Martin Bourboulon : Après c’est vrai que quand vous recevez le « prix du public », que vous proposez une comédie et que les gens sont réceptifs, ça touche beaucoup.

Laurent Lafitte : Surtout sur un sujet un peu clivant. C’est une prise de risque quand même pour une comédie française.

Marina Foïs : Moi je pense qu’on va faire entre 8 et 10 millions ! Entre nous hein. En plus, on a l’avenir de Pathé sur les épaules quand même. Non parce que j’ai vu les films qu’ils sortent après… Pfffff… Non, je plaisante. J’ai déjà quasi mes places pour le film de Jamel Debbouze après (Pourquoi J’ai pas mangé mon père – ndlr).

Quand on évolue comme ça sur un humour un peu vachard, est-ce que parfois on se dit, qu’il ne faudrait pas aller trop loin non plus dans la méchanceté ou au contraire, on se dit qu’on a aucune limites ?

Marina Foïs : Parfois il faut aller plus loin pour que ce soit moins discutable. Parce que si on n’assume pas complètement ce qu’on fait, là c’est plus limite. Parfois les choses qui sont très assumées… Moi j’ai aucun problème avec tout ce qu’on a fait dans le film. Et j’aurai pu faire pire. Parce que c’est évident que le film n’est pas une apologie de la violence familiale. Y’a tellement pas d’ambigüités là-dessus que ça va.

Laurent Lafitte : On ne s’amuse pas avec la maltraitance.

Martin Bourboulon : C’est la limite de l’histoire. Tant que ça rentre dans le cadre de l’histoire, il n’y a pas de limites. Tant que c’est perçu comme l’histoire de ce couple qui se bastonne, rien ne choque. Ca serait devenu limite si a un moment, ils s’étaient regardés en se disant « qu’est-ce qu’on va pouvoir faire aux enfants maintenant pour leur faire mal ? »

Laurent Lafitte : Ou si on avait agressé les enfants parce qu’on ne les aimait pas.

Martin Bourboulon : Le regard part quand même d’une fissure sentimentale.

Marina Foïs : Et puis la morale, elle était sur le plateau. On ne nous a pas autorisé à gifler les enfants. Mais à l’image, sans se faire mal, je trouve qu’on a le droit d’aller loin.IMG_2020

Question pour Laurent, après Duplicata (son personnage dans Astérix) et ce film, est-ce que vous avez d’autres projets pour nous faire rire ensuite ?

Laurent Lafitte : Pour vous faire rire, non. Pleurer, peut-être. Je sors un film qui s’appelle L’art de la fugue avec Agnès Jaoui, Nicolas Bedos, Benjamin Biolay. Un film assez choral qui est une comédie mais d’auteur, donc on se tape pas sur les cuisses. Et après un film qui s’appelle Boomerang avec Mélanie Laurent, qui est  un drame. Donc non, pas de comédie tout de suite.

Martin, c’est votre premier long-métrage. Comment l’avez-vous vécu et pensez-vous poursuivre dans la comédie ?

Martin Bourboulon : Pour être honnête, je n’ai pas de tactique sur la suite. Une chose est sûre, l’entreprise de faire un film est très exigeante et longue. Et je suis sûr que je repartirai sur un projet qu’en étant convaincu que l’histoire le mérite. Comédie, drame, polar… Je pense que ce sera l’histoire, un coup de cœur avec le point de départ. Si c’est une comédie, très bien mais…

Marina Foïs (style qui essaie de se placer) : Sinon, tu penses à qui pour jouer le premier rôle ?

Martin Bourboulon : Je ne me dis pas qu’il faut que je refasse une comédie ou un polar pour casser tout ça. Effectivement, j’ai un projet de polar que je développe avec un ami-réalisateur. Ca serait peut-être celui-là la suite ou autre chose. Là, je suis encore trop noyé dans celui-ci.IMG_1986

Laurent, votre agenda est-il déjà bloqué en 2016 pour les César ?

Laurent Lafitte : C’est ce que je pensais avoir fait cette année car j’avais rien pris pour pouvoir me reposer et pour pouvoir être bien pour les César. Mais si comme là cette année j’ai une proposition de film ou de pièce de théâtre qui tombe, je mettrais toujours ça en priorité. Si ça avait été à un mois de la cérémonie, je ne les aurais pas planté. Mais là, à trois mois de la cérémonie et avec la proposition que j’ai reçu, je ne pouvais pas la refuser. Je suis comédien avant d’être maître de cérémonie, même si c’est un exercice qui m’amuse. Mais peut-être en 2016, s’ils ne sont pas rancuniers !

Et vous Marina, votre agenda ?

Marina Foïs : J’ai un premier film qui sort, adapté de Margueritte Duras, qui s’appelle Orage. Puis j’ai la suite de La Tour Montparnasse Infernale avec Eric et Ramzy, qui s’appelle « L’aréoport ». Et un autre premier film qui s’appelle Irréprochable, sur le portrait d’une sociopathe. Ah, et du théâtre en septembre avec Romain Duris, une pièce qui s’appelle Démon au théâtre du rond point.

Marina et Laurent, vous vous connaissiez déjà avant, depuis longtemps, ça a dû considérablement aider pour l’alchimie au début du tournage ?

Marina Foïs : On se connaît depuis qu’on a 18 ans donc c’est sûr, il y avait une familiarité qui n’était pas à créer. Et puis le plaisir d’être ensemble, aussi, qui n’était pas à fabriquer parce qu’il était réel. Évidemment, ça a servi le projet. Et puis, on ne fait pas tout à fait les mêmes vannes mais on rit des mêmes choses et on se fait rire l’un l’autre donc tout ça, on l’a mis au service du film. On n’est pas complètement cons. Et voilà. Et puis c’est très agréable de jouer avec quelqu’un qu’on connaît et qu’on aime.

Laurent Lafitte : Oui, et on ne se sent pas jugé. Puis Martin nous laissait la place de proposer des choses donc cette place là, on a pu la prendre ensemble sans la peur de se sentir jugé.

Marina Foïs : Oui, ou de se dire non. Parce que ce n’est pas un problème. Il propose un truc, je dis « non, c’est pas marrant ou je comprends pas »

Laurent Lafitte : On prenait rien personnellement.

Marina Foïs : Alors que si on avait dit « Ah oui, c’est intéressant mais est-ce que tu crois pas que… » Non, là, on gagnait au moins cinq minutes par conversation.

Martin Bourboulon : Moi j’essayais justement d’aller voler ces petits moments de complicité qui nourrissent leur relation dans le film. Les petits regards, les petits temps morts etc… Et il y en a beaucoup dans le film, qu’on ne perçoit presque pas. A l’échelle du film, c’est très important. Je savais qu’ils avaient ça entre eux.

Un grand merci à Pathé, Marina Foïs, Laurent Lafitte et Martin Bourboulon pour cette rencontre, ainsi que Youmaly et l’agence Waytoblue.

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