NOUS YORK (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Nous York
Parents : Géraldine Nakache et Hervé Mimran
Livret de famille : Leïla Bekhti (Samia), Géraldine Nakache (Gabrielle), Manu Payet (Michaël), Baptiste Lecaplain (Sylvain), Nadel Boussandel (Nabil), Marthe Villalonga (Mme Hazan), Dree Hemingway (Denise), Sienna Miller (la star)…
Date de naissance : 2012 / Nationalité : France
Taille/Poids : 1h38 – 10,6 millions €

Signes particuliers (+) : Un casting pétillant avec que des têtes sympathiques que l’on a envie d’aimer.

Signes particuliers (-) : Le vide sidéral. Aucun scénario, aucune ligne directrice si ce n’est celle de se payer des vacances aux frais de la prod. Un flop resservant la culture télé de ses auteurs.

 

NOUS YORK, NAZE YORK…

Résumé : Trois potes d’une citée de Nanterre partent aux États-Unis, à New York plus précisément, pour l’anniversaire de Samia, une de leur copine d’enfance qui est partie tenter sa chance aux States avec Gabrielle, une autre de leur amie de toujours. La bande, séparée depuis trop longtemps, est enfin réunie…

Deux ans après le triomphe Tout ce qui Brille qui marquait aussi bien ses débuts derrière la caméra que la naissance d’une amitié forte partie pour durer avec la jeune révélation Leïla Bekhti, Géraldine Nakache, toujours associée à Hervé Mimran (coréalisateur oublié de son premier succès en salle) revient avec son second long-métrage, sorte de suite indirecte à Tout ce qui Brille. Des immenses citées de Puteaux desquels elles rêvaient de strass et de paillettes, d’un ailleurs plus réjouissant et successfull, les deux jeunes femmes pimpantes s’envolent pour la Grosse Pomme, la magique New York, incarnation d’une Amérique où tout est possible, où chacun a sa chance de réussir. Ely et Lila sont devenues Gabrielle et Samia, deux jolies jeunes amies, comme des sœurs d’enfance, parties pour les States avec une cargaison de rêves et d’espoirs dans leurs bagages. Trentenaires, elles se démènent toujours avec envie de creuser leur trou, de s’octroyer un autre avenir possible que celui que les citées de Nanterre leur réservaient.

Nous York part grosso-modo du même principe que Tout ce qui Brille, ce qui en fait une suite sans l’être. Géraldine Nakache conserve pas mal d’ingrédients, la même idée, des personnages somme toute identique, dans la droite continuité de son précédent travail. Mais de la vingtaine joyeuse et fêtarde vue par deux poupées des banlieues se confrontant aux premiers pas dans le vrai monde, c’est à la dure réalité de la vie à trente ans que la jeune cinéaste en herbe se frotte cette fois-ci. L’âge adulte et ses déboires vont être la nouvelle thématique de ce nouveau projet qui traitera également et bien sûr encore une fois… d’amitié. Nakache rappelle donc toute sa jolie bande, Hervé Mimran pour l’épauler, bien sûr, son amie Leïla Bekhti, évidemment, mais également Manu Payet et Nader Boussandel, tout deux déjà de l’aventure auparavant. Petit nouveau par contre, mais qui se fond à merveille dans ce groupe qui se connaît si bien, Baptiste Lecaplain, jeune humoriste talentueux promis à une grande carrière (on le lui souhaite en tout cas) vu dans le rôle marquant du colocataire dans la série Canal+ Bref.

On avait adoré le charme fou de Tout ce qui Brille, l’énergie, la fraîcheur que dégageait ce petit film, certes parfois maladroit et brouillon, mais toujours sincère et plein d’intelligence au-delà de sa jolie fable en apparence inoffensive. Le plaisir de retrouver cette bande dont l’amitié transpirait sur l’écran était empreint d’une envie de sourire, de rire avec eux, de les retrouver dans une histoire qui, quelque part, montrerait leur évolution et ce qu’ils sont tous devenus. Changement de paysage mais pas changement des caractère, tout nous rappelle Tout ce qui Brille dès les premières minutes jusqu’à ce que tout ne dévisse… Dès un générique qui sent l’esbroufe à pleine nez, du genre « eh mec, mate mon ric-gen, trop stylé  sérieux, non ? ». En vrai, un générique qui remporte la palme d’or de la pire idée créative inutile ou de la meilleure si le but était de le rendre illisible juste histoire de faire cool en intégrant les noms des gens dans les rues new-yorkaises. Bref, ce n’est qu’un détail de début qui titille l’esprit en induisant un sentiment de prétention de la part de l’artiste mais l’ampleur de la déception reste encore à venir.

Nous York est tout simplement le film le plus futilement vide et inconséquent de l’année. La brochette de comédiens/potes à la ville s’est juste payée des vacances « chant-mé » aux US sur le compte d’une prod soi-disant de cinéma en les filmant histoire de les justifier. Traduction, Nous York n’a absolument rien d’un film à proprement parler mais ressemble plus à un montage de vacanciers qui font partager leur virée américaine au reste de la France avec un sens du foutage de gueule inégalé de culot. Contrairement à son délicieux Tout ce qui Brille, Nakache n’a cette fois rien à raconter, elle se contente d’assembler des bouts de scènes pseudo-exaltantes dans une vague histoire qui semble plus avoir été improvisée à même le tournage que pensée en amont, avec une idée et une ligne directrice qui sous-tendrait son projet. Pire, le tandem essaie de trouver la recette qui cimentait les comédies douces-amères à l’américaine mais l’appose sur des fondations inexistantes qui empêchent le tout de se construire sur du solide. Nous-York ne raconte rien, n’amène à rien, à l’image de la trajectoire de ses personnages qui partent de nulle part pour aller nulle part. Et c’est certainement pas un vague ton aléatoirement sérieux sur l’échec, sur les objectifs et les priorités de la vie, qui allait remonter le niveau de cette vide narratif et artistique. Parce que c’est New York, parce que c’est cool, parce qu’ils sont tous cools et marrants, ce n’est pas pour autant que l’on se passer d’une direction, d’une conduite et Nous York de se vautrer dans la ballade carte postale égoïste d’une équipée qui s’est fait un trip personnel auquel le spectateur n’est qu’à demi-convié. Tout ça respire le bobo faussement acidulé désintéressé, misant uniquement sur son cadre et l’effet d’engouement post-Tout ce qui Brille avec une paresse monumentale. On aimerait par sympathie pour tous ces comédiens, trouver du plaisir là-dedans mais malheureusement rien n’y fait… Quand il n’y a rien, il n’y a rien. Et dans l’immensité de New York, Nous York se perd à courir la facilité du film de potes, un genre qui ne fonctionne qu’au partage en communion avec le public et non pas à l’étalage d’une amitié dont il est exclu. Tant de désinvolture pose une question : Géraldine Nakache est-elle capable d’exister en tant que cinéaste au-delà d’un Tout ce qui Brille ? Pas sûr.

Bande-annonce :

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