N’IMPORTE QUI de Raphaël Frydman
Critique – En salles (comédie)

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n'importe qui 1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre :
note 6
Carte d’identité :
Nom : N’importe Qui
Père : Raphaël Frydman
Livret de famille : Rémi Gaillard (lui-même), Nicole Ferroni (Sandra), Alban Ivanov (Arnaud), Sylvain Katan (Gérald), Franc Bruneau (Greg), Grégory Nardella (patron Inter-Fête), Quentin Jodar (Cheveux), Patrick Raynal (le père), Brigitte Moati (la mère)…
Date de naissance : 2013
Majorité : 05 mars 2014
Nationalité : France
Taille : 1h20
Poids : 1,5 millions €

 

Signes particuliers (+) : Jouissif trublion du net, l’excellent Rémi Gaillard envahit maintenant le grand écran avec une comédie « gagesque » à sa gloire, mais garantie 100% sans prétention. Calibrée pour satisfaire les fans de la première comme de la dernière heure, N’importe Qui mélange anciens et nouveaux sketchs dans un sympathique moment de rigolade, délirant, humble, sincère, crépusculaire et doucement naïf. Le montpelliérain nous invite dans son univers doux-dingue et sa philosophie de vie appliquée en fond de toile d’une amusante couillonnade ensoleillée.

Signes particuliers (-) : N’allons pas chercher midi à quatorze, N’importe Qui est davantage une pastille humoristique visant la détente, qu’un authentique film de cinéma.

 

C’EST EN ÉCRIVANT N’IMPORTE QUOI QU’ON DEVIENT N’IMPORTE QUI !

LA CRITIQUE

Résumé : Avec ses potes, Rémi fait n’importe quoi… Pour devenir n’importe qui. Mais Sandra, sa copine, aimerait qu’il devienne quelqu’un. Et il y arrive quand même un peu.…199529.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’INTRO :

Contrairement à un autre bien connu, ce Rémi-là n’est pas sans famille. La sienne est grande de millions d’internautes attachés à ses « exploits » vidéastes qui en ont fait un véritable phénomène de l’humour made in internet. Depuis plus de quinze ans, le natif de Montpellier Rémi Gaillard tourne les canulars les plus jouissivement tarés de la toile au point d’avoir acquis une popularité monstrueuse et méritée pour ce trublion sympathique, figure de sa ville et désormais star au-delà de seules frontières de la France, grâce à ses caméras cachées tour à tour simples comme bonjour ou plus élaborées. De ses doux-dingues gags burlesques jusqu’à ses « coups de maître » plus ambitieux comme s’inviter sur le cour d’un match d’exhibition entre Noah et Leconte, à la remise du Trophée de la Coupe de France 2002, ou piéger l’émission Confessions Intimes, Rémi Gaillard, c’est plus de 1,5 milliard de « vues » sur les plateformes vidéos ! La recette d’un tel succès ? Allez savoir. Peut-être parce que Rémi Gaillard, c’est pas la star enfermée dans sa tour d’argent. Ce gentil couillon hilarant, c’est juste n’importe qui, qui fait n’importe quoi, pour se marrer et nous faire marrer. Comme un pote que l’on suivrait depuis des années par Youtube interposé au gré de ses plaisanteries « débilo-tractés ».  Et voilà qu’aujourd’hui cet ami virtuel a enfin droit à la reconnaissance ultime : un film de cinéma entièrement consacré à ses délires portnawak !201560.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’AVIS :

Rémi Gaillard, où quand la connerie devient un art délirant destiné à satisfaire les zygomatiques. Artistiquement, son N’importe Qui ne nourrira pas l’intellect, pas plus qu’il n’émerveillera par sa beauté visuelle. Mais sur le plan de l’humour sympathiquement idiot et potache, la bêtise déjantée faite homme de cet artiste anonyme sans l’être, n’a d’égale que l’efficacité de son innocente crétinerie à mourir de rire. Revoir ses anciens hits, agrémenté de nouveaux gags imaginatifs aura largement de quoi satisfaire les fans du montpelliérain qui fait n’importe quoi ! Rémi Gaillard emboîte tout son univers dans une gentille histoire prétexte mais mine de rien plein de sens sur sa philosophie de la vie débridée et délestée des conventions et nous régale une fois de plus à faire l’andouille comme il sait si bien le faire.197028.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

On voit d’ici certains prendre cette plaisanterie loufoque pour plus qu’elle n’est et chercher à l’aborder comme un film classique par un prisme cinéphilique qui n’a pas lieu d’être en hurlant à l’inutile. Non-sens. Ce serait aussi imbécile que vouloir garer une voiture dans une maison quand on possède un garage. N’importe Qui ne prétend pas s’ériger en œuvre cinématographique et son utilité est de proposer un simple moment de détente tenu par un Gaillard qui s’offre une belle tribune sur grand écran. Le petit malin nous invite juste à une nouvelle balade dans son quotidien déjanté, ni plus ni moins, et c’est avec humilité que son film se drape quand même dans la défense d’une certaine conception de la vie, reflet de celle d’un simple ado attardé qui n’a pas envie de grandir pour ressembler à ses cadres sup bouffés par la rigidité de l’existence au point d’en avoir oublier l’essentiel : s’éclater. Et pour ça, à l’approche de la quarantaine, il montre bien qu’il n’y a pas d’âge décidé par la société ! Alors pourquoi déclinez une telle invitation ensoleillée ?N'IMPORTE QUI_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxRémi Gaillard tient enfin sa revanche envers un milieu du spectacle qui lui aura bien fait des misères par le passé, lui le naïf venu de son Languedoc. Maintenant, on pourra toujours critiquer cet électron libre comme l’air, mais on ne pourra plus ignorer le clown farceur amateur qu’il est, et dont c’est justement l’amateurisme qui en fait la saveur et l’authenticité. De l’Inter-Fêtes ou du Méga-CGR de Latte, à la route des plages, en passant par la Paillade, Antigone, la place de la Comédie ou la promenade du Peyrou, la belle et enchanteresse Montpellier devient une fois de plus une aire de jeu grandeur nature pour un trublion qui se paye un film à sa gloire. Prétentieux ? Non. Car il le fait toujours avec la même sincérité et humilité qu’on lui connaît, en revisitant toute son « œuvre » au gré des lieux et clins d’œil qui jaillissent… Vite, une connexion internet pour se refaire tout ça !

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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