MON PÈRE EST FEMME DE MÉNAGE (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Mon père est Femme de Ménage
Parents : Saphia Azzedine
Livret de famille : François Cluzet, Jérémie Duvall, Nanou Garcia, Alison Wheeler, Jules Sitruck, Barbara Probst, Aïmen Derriachi,Franck Keïta…
Date de naissance : 2010
Nationalité : France
Taille/Poids : 1h20 – Budget N.C.

Signes particuliers (+) : Sympathique et sans prétention. Un joli discours sur la tolérance et la reconnaissance. Un bon François Cluzet.

Signes particuliers (-) : Naïf et souvent très léger.

 

MON PÈRE, CE ZÉRO

Résumé : Polo est un jeune ado de 16 ans dont la mère est alitée, la sœur n’a comme seul objectif que d’être Miss et son Père, Michel, occupe métier qui lui fait un peu honte : homme d’entretien…

Sorti en salles relativement dans l’anonymat au printemps 2011, Mon Père est Femme de Ménage est le premier film de l’écrivaine Saphia Azzedine, adapté d’un de ses romans éponymes. Comédie adolescente lorgnant vers le discours social, ce premier exercice qui a plus des allures de téléfilm que de fiction cinématographique a néanmoins été remarqué au Festival du Film de Comédie de l’Alpe d’Huez d’où il est reparti avec le Prix du Public.

Très inoffensif dans son ensemble, Mon Père est Femme de Ménage oscille entre revival des films des années 80 et 90 et fiction moderne surfant sur les succès de films comme Les Beaux Gosses ou LOL, essayant de cerner la jeunesse d’aujourd’hui à travers les vicissitudes de l’adolescence, ses joies et ses états d’âme. La néo-cinéaste essaie surtout de livre une chronique sociale touchante sur un père, homme d’entretien pour une société de service, prenant les bons côtés de la vie pour s’extraire mentalement de sa condition d’homme ayant raté le virage professionnel de sa vie. Dans une société capitaliste valorisant seulement des notions telles que l’argent, le pouvoir ou le rang social, Michel occupe une place considérée comme en dessous, voire même inconsidérée tout court. Peu cultivé, sans échappatoire possible, il se contente d’assumer son rôle de père devant faire vivre sa famille tout en faisant tout pour que son fils, Polo, monte dans le bon ascenseur, celui qui le mènera à être quelqu’un pour ne pas vivre dans la même médiocrité que lui. Saphia Azzedine dépeint le portrait touchant d’un homme qui a conscience de ce qu’il est mais qui essaie de vivre sa vie au mieux et de trouver le bonheur ailleurs, là où il peut, à travers sa famille, son fils intelligent avec qui il entretient une relation privilégiée.  Mais pour Polo, ce métier atypique est un handicap dans un monde où l’image a une importance démesurée. Un peu honteux par procuration, il en subit surtout les conséquences par une vie forcément simple où le manque d’argent le place dans une situation délicate au niveau de l’apparence en société mais aussi par l’éternel sentiment de comparaison à autrui via l’impossibilité de partir en vacances, d’acheter… Toutes ces petites choses qui reflètent le contexte social d’un adolescent.

Plutôt drôle et enlevé, Mon Père est Femme de Ménage est une comédie pleine de bons sentiments et sans prétention orgueilleuse dans laquelle émerge un formidable François Cluzet qui endosse son rôle comme un gant de velours taillé sur mesure. Sympathique moment de détente amusé, le film de Saphia Azzedine n’échappe cependant pas à une caractérisation clichée fatale lui empêchant lui aussi de s’élever au-delà de sa condition. Personnages, situations, dialogues, discours, c’est tout un film entier qui souffre d’un amoncellement de stéréotypes lui déniant toute intelligence de traitement fin. Les parents y sont forcément un peu plouc, la sœur mignonne est un archétype de superficialité rêvant de stars et de paillettes et Polo a pour meilleurs amis, un arabe, un juif et un noir (lui étant le blanc) pour un message de tolérance ethnique lourdement appuyé mais très drôle en revanche aux détours de quelques dialogues savoureux.

Sans révolutionner quoi que ce soit, Mon Père est Femme de Ménage se contente d’offrir un moment agréable dont la tentative de viser plus haut est en revanche annihilée par une consensualité trop souvent simpliste enfermant le film dans un discours facile sur la tolérance et la valeur de la place et du rang en société. Reste un film léger, tendre et agréable à défaut d’être bon et des acteurs épatants.

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