L’ODYSSEE DU HINDENBURG (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : The Hindenburg
Père : Robert Wise
Livret de famille : George C. Scott (Ritter), Anne Bancroft (comtesse Ursula), William Atherton (Boerth), Roy Thinnes (Vogel), Gig Young (Douglas), Burgess Meredith (Pajetta), Charles Durning (Pruss), Rene Auberjonois (Napier)…
Date de naissance : 1975
Nationalité : Etats-Unis
Taille/Poids : 2h05 – 15 millions $

Signes particuliers (+) : x

Signes particuliers (-) : Wise ne parvient pas à rendre palpitantes et dynamiques les longues 2h05 de son film qui tombe dans l’ennui à faire patienter le spectateur en vue d’un bref moment de bravoure final. Un cinéma vieillot et dépassé, même pas intéressant dans son historicité.

 

LE BALLON ROUGE

Résumé : En 1937, le Hindenburg, le plus grand zeppelin de jamais construit et fleuron de l’Allemagne nazie, s’apprête à s’envoler pour les Etats-Unis. Mais l’alerte est donnée car les autorités auraient eu vent d’un projet d’attentat terroriste. Le vol est maintenu, la sécurité est renforcée…

Si le Hindenburg était un symbole de l’Allemagne nazie, le film catastrophe était quant à lui un symbole des années 70 question cinéma. Dans cette période faste pour le genre, deux grandes catégories s’en dégageaient, avec le recul. D’une part, les films fonctionnant sur une écriture « moderne » du cinéma et une seconde, la moins bonne, fonctionnant sur un mode qui a malheureusement considérablement vieilli et dont la vision aujourd’hui s’avère bien douloureuse.

Dans la première catégorie, se trouve des films comme La Tour Infernale, oeuvre phare du genre, mais également Tremblement de Terre ou L’aventure du Poséidon pour ne citer qu’eux. Ces films étaient caractérisés par une progression dramatique usant à bon escient des climax narratifs afin de rythmer le film d’un bout à l’autre, sans trop susciter l’ennui. La seconde catégorie, dans laquelle s’inscrit cet Odyssée du Hindenburg et où l’on peut ranger des films comme Airport 1975 par exemple, est marqué par une construction qui, aujourd’hui, est très compliquée à suivre pour le spectateur lambda tant elle est a considérablement vieillie (et n’était pas spécialement qualitative non plus à l’époque, soyons réalistes). La construction était simple : la caution catastrophe du film n’intervenait qu’à la fin, au terme d’un très souvent bien long récit qui avait pour fonction de posait les enjeux et le déroulement narratif précédent la catastrophe. Mais au lieu de cela, bien de ces films se contentaient de raconter du vide sur une trèèèès longue portion pour étirer un métrage n’ayant en réalité que quelques minutes d’action concentrée en fin. Au final, on se retrouvait souvent avec des fictions de 2h00-2h30 avec le moment de bravoure attendu n’intervenant généralement qu’au bout de 3/4 de métrage, pour un total d’une quinzaine de minutes. Et cette mécanique incroyablement huilée et classique d’avoir fonctionné plusieurs années, sur plusieurs films, sans que personne n’ait à redire sur l’arnaque totale que son principe présente. Et dire que c’était souvent des stars et anciennes gloires (devant comme derrière la caméra) qui se cachaient derrière ces films plan-plan…

Robert Wise, immense cinéaste pourtant souvent en avance sur son temps tout au long de sa carrière, est vieillissant lorsqu’il réalise en 1975, ce film qui malheureusement, aujourd’hui, est une torture à regarder. Alors que la même année, les bases du cinéma moderne commençaient à être posées avec, par exemple, Les Dents de la Mer d’un Spielberg ou justement La Tour Infernale, son Odyssée du Hindenburg, qui s’étale sur près de 2h00 avant d’enfin nous proposer la catastrophe tant attendue, fait foi de symbole (décidément) d’un ancien cinéma dépassé, comme balayé par une nouvelle vague incarnée par une jeune meute de laquelle émerge les Coppola, Lucas, Scorsese, Spielberg et consorts. En terme de datation, il est incroyable de se dire que seulement 2 ans séparent un Star Wars de cette catastrophe mollement filmée, ne suscitant jamais la moindre angoisse. Soporifique, L’Odyssée du Hindenburg semble alors être en retard de 10 ans sur son époque. Un véritable gâchis pour une œuvre qui a extrêmement vieilli. Et chose rare, la catastrophe étant le récit d’une histoire vraie filmée par des caméras de journaliste à l’époque, les images d’archives sont finalement bien plus impressionnantes que le film qui se contente de les re-shooter. 35 ans plus tard, en 2010, le Hindenburg va avoir droit à une nouvelle transposition pour la télévision allemande, dans le cadre d’une fresque géante de plus de trois heures en deux parties. On vous tiendra au courant…

Bande-annonce :

Bonus, les images d’archives du crash originel :

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