L’ÉPREUVE de Erik Poppe
[Critique – Sortie Ciné]

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l'epreuveMondo-mètre
note 6.5 -10
Carte d’identité :
Nom : Tusen ganger god natt
Père : Erik Poppe
Date de naissance : 2013
Majorité : 06 mai 2015
Type : Sortie en salles
Nationalité : Irlande, Norvège, Suède
Taille : 1h57 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Juliette Binoche (Rebecca), Nikolaj Coster-Waldau (Marcus), Lauryn Canny (Stephanie), Adrianna Cramer Curtis (Lisa), Maria Doyle Kennedy (Theresa), Larry Mullen Jr (Tom), Chloë Annett (Jessica)…

Signes particuliers : Erik Poppe signe un film fort sur un sujet fort, avec des comédiens… forts.

JULIETTE BINOCHE FACE AU POUVOIR DE L’IMAGE

LA CRITIQUE

Résumé : Rebecca est une photographe de guerre de renommée internationale. Alors qu’elle est en reportage en Afghanistan pour suivre un groupe de femmes qui préparent un attentat suicide, elle est gravement blessée par l’explosion d’une bombe. De retour chez elle en Irlande, pour se remettre de ce traumatisme, elle doit affronter une autre épreuve. Marcus, son mari et Stéphanie, sa fille ainée de 13 ans, ne supportent plus l’angoisse provoquée par les risques que son métier impose. Rebecca, qui est déchirée entre les souffrances qu’elle fait subir à ses proches et sa passion de photo-reporter, doit faire face à un ultimatum : choisir entre son travail et sa famille. Mais peut-on vraiment échapper à sa vocation, aussi dangereuse soit-elle ? Renoncera t-elle à couvrir ces zones de combats, et à sa volonté de dénoncer la tragédie humaine de son époque ? l'epreuve_13L’INTRO :

C’est un sujet qu’il maîtrise mieux que personne que le cinéaste norvégien Erik Poppe a choisi de mettre au être au centre de son nouveau long-métrage L’Epreuve, emmené par Juliette Binoche et Nikolaj Coster-Waldau (le Jamie Lanister de Game of Thrones, qui quitte provisoirement les Terres de Westeros). Lui-même ancien photographe-reporter de guerre dans les années 80, le réalisateur a voulu témoigner de son expérience du métier, mais plus particulièrement, du conflit émotionnel qui oppose toute tentative de construction d’une vie de famille et cette étrange addiction au danger pour aller témoigner des malheurs du monde. Comme son personnage, Poppe a dû faire jadis un choix cornélien, ne supportant plus de faire vivre aux siens, ce calvaire infernal des départs et l’angoisse de ne jamais revenir.l'epreuve_14L’AVIS :

Avec L’Épreuve, Erik Poppe tenait un sujet fort, dont le récit s’inscrit à cheval entre la fresque universelle sur les problèmes du monde, la réflexion pertinente sur le pouvoir de l’image dans nos sociétés actuelles, et le drame intimiste sur le combat déchirant d’une famille pour se retrouver et se reconstruire. Et malgré quelques petits laisser-aller à une mise en scène parfois un brin poseuse et démonstrative (qu’on lui pardonne très vite vu la beauté des images et de la photographie), le cinéaste livre un film qui a la trempe nécessaire pour faire face à ses intentions. l'epreuve_1Porté par une excellente Juliette Binoche et un Nikolaj Coster-Waldau tout en sobriété, L’Epreuve emporte, passionne, pousse à la réflexion autant qu’il balaye le spectateur avec sa tragédie bouleversante. D’autant que le metteur en scène arrive à dépasser son sujet sur le seul drame familial, pour embrasser des questions plus essentielles et fondamentales. Le pouvoir pernicieux de l’image, la place du photographe et/ou reporter vis-à-vis des événements qu’il traite, son rôle majeur de témoin devenant les yeux de l’humanité avec son objectif (son arme à lui) pointé sur ce que le monde ne voit pas, ou préfère occulter par facilité. La cruauté de certaines séquences horrifiantes s’entrechoque avec la puissance des scènes intimistes menées avec une justesse sans faille, et le résultat navigue à merveille entre ses deux réalités frontalement adossées l’une à l’autre. Décidément, après Hawai Oslo et En Eaux Troubles, le cinéma d’Erik Poppe ne cesse de grandir, de gagner en maturité et en qualité, fort de ce savoir-faire qu’il a à jongler avec les points de points de vue pour nourrir ses mélodrames de l’intérieur et à brosser des portraits de personnages d’une sacrée puissance émotionnelle. Aussi beau sur la forme qu’il est riche sur le fond, L’Epreuve est une belle réussite, doublé d’une petite claque à l’image de son introduction ô combien marquante. On aurait juste aimé voir le cinéaste davantage creuser la thématique psychologique de la conscience du reporter à l’égard de la distance et du recul qu’impose sa fonction de « témoin » face aux évènements qu’il « shoote », entre implication directe et passivité forcée.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

AVEZ-VOUS VU ? :

Un commentaire à propos de “L’ÉPREUVE de Erik Poppe
[Critique – Sortie Ciné]

  1. Ce film est vraiment bien, je l’ai regarder avec ma classe. Il m’a beaucoup émus. Merci a tous ceux qui ont participer a ce film. C’est une vrai leçon de vie.
    Laurine

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