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Le saviez-vous ? : Toy Story a failli aller de l’infini vers la poubelle

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Le quatrième volet de la série des Toy Story cartonne actuellement au cinéma. Quatre films, des personnages cultes tels que Woody et Buzz l’éclair, des attractions dans les Disneyland, un Oscar du Meilleur Film d’animation pour le troisième… Quand on pense que la saga a failli ne jamais voir le jour !

On remonte en 1993. Pixar était une petite société de rien du tout qui occupait un quart d’immeuble. Propriété de Steve Jobs, Pixar était à l’origine une boîte d’informatique haut de gamme qui ne décollait pas. Pour engranger de l’argent, elle se lança dans la production de publicité. Puis d’un long-métrage d’animation fait par ordinateurs. Une première. Walt Disney allait le distribuer, ce qui laissait une perspective intéressante à la boîte qui fonctionnait très nettement à perte et coûtait un fric monstre au père d’Apple. En 1993 donc, Pixar travaillait déjà depuis deux longues années sur ce qui serait ce fameux « premier long-métrage d’animation entièrement fait par ordinateurs ». Disney surveillait de près l’avancée du projet et chez Pixar, s’il y a bien une date que tout le monde connaît, c’est le 19 novembre 1993. Pour tous les employés, cette date a été surnommée le « Black Friday ». Non pas parce que c’était jour de soldes monstrueuses sur les ordis de la société mais parce que ce 19 novembre 1993, Pixar a failli disparaître à jamais, enterré avec leur projet catastrophe.

Cette date fatidique correspond en réalité au jour où les producteurs de Pixar (et le réalisateur John Lasseter) se sont rendus chez Disney avec un premier jet mal dégrossi de la première partie de Toy Story. La réaction chez Disney fut inattendue. Les huiles de la maison de Mickey ont été horrifiés par ce qu’ils ont vu, trouvant l’intrigue plate, les personnages cyniques et détestables (à commencer par Woody) et leur relation entre eux très inconfortable. Lasseter et ses acolytes ont bien tenté de réagir mais rien n’y a fait. « Peu importe les modifications que vous y ferez, le film ne fonctionne tout simplement pas » a t-il entendu. Bilan, Disney annula purement et simplement la production du film… à effet immédiat ! Alors que l’heure était à l’abattement, c’est John Lasseter qui sonna la révolte. Le réalisateur appela lui-même Jeffrey Katzenberg, l’un des hauts placés chez Disney, pour le supplier de lui donner un délai afin de présenter autre chose. Il obtînt deux semaines. Deux petites semaines pour revoir deux ans de travail. Les équipes de Toy Story (dont Joss Wheddon) vont alors bosser d’arrache-pied jour et nuit pour revoir complètement le film. Et le changer tel qu’on le connaît aujourd’hui c’est à dire radicalement différent. Car s’il est de bon ton de taper sur le tout-puissant Disney à la première occasion, force est de reconnaître que la première mouture de Toy Story était très… « spéciale », avec notamment un Woody désabusé, limite imbuvable et tyrannique.  L’objectif était alors de rendre l’ensemble plus joyeux, plus fun, plus léger. Et le challenge sera relevé au prix d’efforts surhumains (certains employés du département animation souffriront d’insomnie chronique à la suite de cette période infernale). Mais tout se termina bien. L’équipe a réussi à transformer le visage du film et à présenter quelque-chose de beaucoup plus convaincant à Disney. Bilan, la production est repartie de plus belle et le film sera un succès colossal qui lança définitivement Pixar en tant que créateur de magie cinématographique.

Le Woody d’origine avant modification

 

Notons pour terminer, que le second opus de la saga en a connu lui aussi des emmerdes. Déjà, il a failli filer directement en DVD. Pixar, très occupé avec 1001 Pattes, pensait vraiment exploiter l’univers en DTV. Heureusement, les animateurs du film, confiant dans la qualité de cette suite, ont insisté pour qu’elle soit développée pour le cinéma. Et parce que les galères, c’est une coutume chez Pixar, le film a failli à son tour complètement disparaître à cause…. d’une stupide erreur humaine cette fois ! Un animateur qui ne maîtrisait pas bien les commandes Linux a tout simplement effacé les données du film par erreur en ratant sa sauvegarde ! Une année de boulot à la poubelle et un vent de panique total. Heureusement, une copie avait été faite sur des serveurs externes par sécurité. Décidément… Allez, à samedi prochain et en attendant, pour les curieux, en plus de la photo ci-dessus, voici quelques images d’à quoi aurait pu ressembler Toy Story sans l’intervention de Disney. On notera que les personnages cultes ont l’air vachement moins… « aimables » :

 

Par Nicolas Rieux

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