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Le saviez-vous ? : « Breakfast Club » aurait pu être un film très différent

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Les années 80 demeurent encore une décennie inoubliable pour le cinéma, une décennie qui aura révélé tellement d’acteurs et de cinéastes, une décennie nous aura livré tellement de bons films, tellement de Madeleine de Proust. Parmi elles, Breakfast Club, l’inoubliable chef-d’oeuvre de John Hughes (1985). Une comédie dramatique symbole de la jeunesse de l’époque, qui a eu le mérite de l’avoir comprise, elle et ses tourments. Il faut dire que John Hughes n’avait pas son pareille dès qu’il s’agissait de parler de et à la jeunesse. Vu d’aujourd’hui, Breakfast Club est un film quasi parfait (pourquoi « quasi » après tout ?), un film aussi drôle qu’intelligent et sensible, porté par des acteurs merveilleux, dirigés de main de maître par un metteur en scène toujours dans la justesse. Mais Breakfast Club aurait pu être très différent de ce que l’on connaît…

D’abord, le casting. Le concierge de l’établissement est incarné par John Kapelos. A l’origine, ce devait être le populaire Rick Moranis (SOS Fantômes, Chérie, J’ai Rétréci les Gosses). Mais le comédien, pour rajouter un supplément d’humour, voulait jouer le personnage avec un fort accent russe et n’en démordait pas. John Hughes accepta la proposition mais son producteur Ned Tanen se montra peu convaincu par l’idée alors que le film abordait quand même des thématiques sérieuses. Exit Rick Moranis. Du côté des jeunes, énormément de noms ont circulé, voire ont été auditionnés. Si John Hugues connaissait bien Molly Ringwald et Anthony Michael Hall pour les avoir dirigés dans son film précédent (Seize bougies pour Sam), les autres étaient de nouveaux venus. Pour le rôle de Claire Standish, « la fille à papa », Jodie Foster et Brooke Shields ont été dans la course pendant que Laura Dern et Robin Wright ont été auditionnées. Molly Ringwald, elle, devait originellement jouer Allison « la bizarre ». Mais finalement, la jeune actrice exprima son souhait de jouer plutôt Claire, la petite bourgeoise. L’autre rôle qui posa question fut celui de John Bender alias « le délinquant ». Au départ, la production envisagea Nicolas Cage, John Cusack voire même Jim Carrey !! Emilio Estevez fut également auditionné et il fut retenu… mais pour le rôle d’Andrew « l’athlète », rôle pour lequel John Hughes visait Michael J. Fox, Tom Cruise, Matthew Broderick (qu’il dirigera finalement dans Ferris Bueller) ou encore Rob Lowe. Judd Nelson hérita du rôle de John Bender.

Passons sur les choix de casting cornéliens qui aurait pu changer la face du film et parlons du scénario maintenant. Lui-aussi a connu quelques bouleversements en cours de route. A l’origine, il était beaucoup plus osé et fut « lissé » pour limiter les risques face à la censure. Par exemple, John Hughes avait imaginé une scène topless avec une prof de piscine nageant nue dans l’établissement pendant que le proviseur l’épiait en douce. Une scène que Molly Ringwald elle-même demanda à couper car totalement gratuite. Déjà à l’époque, la jeune femme avait son petit caractère engagé. L’aurait-elle payé dans une industrie hollywoodienne très patriarcale et n’aimant pas les comédiennes qui faisaient des vagues ? Possible. Son refus du rôle principal de Ghost n’aura pas aidé à ralentir fortement sa carrière alors qu’elle aura été l’ado la plus populaire d’Hollywood. Autre scène qui fut enlevée car jugée trop sexualisée, un passage où les étudiants garçons se retrouvaient face à un groupe de mères de famille en plein cours d’aérobic… très intense.

On en arrive au tournage. Difficile d’imaginer Breakfast Club sans Judd Nelson, emblématique interprète du rebelle. Pourtant, même passée la phase de casting où il a été sélectionné, le comédien a bien failli être éjecté du film. Il aura frôlé le renvoi à deux reprises (autant dire qu’aujourd’hui, ça n’aurait pas fait un pli). Principal problème, son harcèlement incessant sur une Molly Ringwald qui, on l’a compris, n’était pas du genre à se laisser faire. Le jeune acteur voulait soit-disant continuer de travailler son personnage hors du tournage et n’arrêtait pas de la chercher (comme son personnage le fait dans le film). Autre cause qui a failli mettre un terme à sa participation dans le film, son incapacité à tenir en place malgré les directives de John Hughes, ce qui le faisait constamment sortir du cadre et obligeait tout le monde à retourner les scènes plusieurs fois. Il finit par se canaliser après avoir été pris à parti par ses partenaires, agacés de devoir rejouer les scènes plusieurs fois, par sa faute.

 

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