JURASSIC WORLD : Rencontre avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Omar Sy et le réalisateur Colin Trevorrow

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jurassic_worldA l’occasion de la sortie du film-évènement Jurassic World, nous avons assisté à la conférence de presse parisienne du film, en présence d’un Chris Pratt farceur, de Bryce Dallas Howard, d’Omar Sy et du réalisateur Colin Trevorrow. Extraits de la rencontre.

Jurassic World est actuellement en salles. dans ce quatrième opus de la saga culte, le fameux parc à dinosaures a enfin ouvert ses portes. Pour satisfaire sans cesse les attentes d’un public qui risque désormais de se lasser, un dinosaure génétiquement modifié est créé : l’Indominus Rex…jurassic

Qu’est-ce qui vous a poussé à recruter un casting aussi international ?

Colin Trevorrow : Le premier Jurassic Park n’était pas un film purement américain, c’était un film qui s’adressait au monde entier. Donc c’était normal que les acteurs de ce nouveau film viennent du monde entier. C’est un film avec des comédiens extraordinaires, il y a ceux qui sont présents ici (Chris Pratt, Bryce Dallas Howard et Omar Sy – ndlr) mais également d’autres comme Vincent D’Onofrio, BD Wong ou Irrfan Khan. Je voulais que tous aient un moment qui les définisse, qu’on puisse lire leurs âmes et les comprendre. Concernant Omar Sy, je le connaissais car ma femme est française, mes enfants sont nés ici et Omar a une âme tellement généreuse… Je voulais que le public américain le découvre.

Omar Sy, comment s’est passé le tournage ? On vous entend parler français dans le film, avez-vous appris quelques mots à vos camarades ?

Omar Sy : Colin Trevorrow comprend bien le français et Bryce Dallas Howard a essayé quelques phrases. Mais faire ce film, c’était beaucoup de travail, il fallait se concentrer. C’était important mais le plaisir était là. On avait tous très conscience de là où on était, c’est-à-dire en train de relancer la franchise Jurassic. On avait du plaisir à le faire et quand vous travaillez avec des gens de talent, le plaisir est d’autant plus là. Et il faut savoir que ce sont tous des personnes très drôles donc on a bien rigolé.

Omar, vous avez un accent français dans le film, est-ce qu’on vous a demandé de le garder voire de l’accentuer ou pas du tout ?

Omar Sy : Il n’y avait pas besoin de forcer le trait je crois, il était déjà bien présent. C’est un accent naturel mais après, Colin a écrit ce rôle là pour moi donc j’étais forcément un français. Après, j’ai essayé d’être le plus clair possible. Il n’y avait pas de travail particulier sur l’accent, c’était juste ça, être le plus clair possible.DSC00041

Quel a été l’apport du premier Jurassic Park dans ce nouvel opus et que représente pour vous le classique de Spielberg ?

Colin Trevorrow : Le plus important pour moi était de ne pas refaire une simple copie carbone du premier Jurassic Park. Déjà parce que c’est un film culte qui a parlé à toute une génération. Il était important de récréer un « esprit » parce que j’avais 16 ans quand j’ai vu le film de Spielberg et je m’étais senti redevenir un enfant. Et j’aimerai qu’avec ce film-ci, on retrouve chacun notre part d’enfant.

Bryce Dallas Howard : La première fois que j’ai vu Jurassic Park, j’étais sous le choc. J’avais 12 ans et des parents très stricts. Ils ne m’autorisaient pas à aller voir des films aussi terrifiants. Et je me souviens qu’un soir, c’était un vendredi (le jour des sorties aux Etats-Unis – ndlr), j’étais dévasté de ne pas pouvoir aller le voir parce que mes copines y allaient et pas moi. Quand mes parents sont rentrés, ils m’ont dit, « il faut que tu ailles voir ce film dans une salle de cinéma ! C’est un film qui marquera l’histoire« . Et le lendemain, j’y suis allé et c’était formidable car j’ai compris ce que mes parents voulaient dire. J’ai vécu ce film comme une expérience de communauté. Jurassic Park était une expérience qui devenait majeure quand on le voyait entouré d’autres gens dans une salle. Ca a cimenté d’autant plus ce film dans mon cœur. Je serai éternellement reconnaissante à mes parents de m’avoir laissé la vivre car j’ai découvert ce jour-là, le pouvoir de la salle obscure. Aujourd’hui, je suis encore plus heureuse d’avoir fait Jurassic World car je peux dire qu’il faut aller le voir en salles parce que c’est une expérience qui justifie largement la voiture, le parking, le billet et le pop corn !

Et vous Chris, le premier Jurassic Park ?

Chris Pratt : J’avais aimé. (rires dans la salle).

Mais encore ?

Chris Pratt : C’était bien. (re-rires dans la salle)DSC00034

Chris Pratt : Je me souviens, j’avais 13 ans quand je l’ai vu et c’était le premier grand film que je voyais. Etre un acteur pour gagner sa vie, c’est un rêve. Mais quand en plus vous prenez part à une telle aventure, c’est encore plus extraordinaire. Quand j’ai vu Jurassic Park, j’attendais ce film avec impatience car je connaissais les films de Spielberg et ça avait été incroyable. L’idée de participer aujourd’hui à la suite de cette saga, c’est un immense honneur. Quand on a vu le film fini et que je me suis rendu compte que c’était un très bon, ce fut un grand soulagement. Je suis fier et on a eu la chance que Colin Trevorrow ait pu s’enfermer pendant un an, comme dans un bunker, pour monter le film avec assez de matière pour faire quelque-chose qui, je suis sûr, plaira à nouveau aux gamins de 13 ans, comme il m’a plu à moi à l’époque.

Omar Sy : Je crois qu’on est très peu à ne pas avoir aimé Jurassic Park. C’est un film qui a marqué une génération et on est tous ici pile dans cette génération. Moi j’avais à peu près 15 ans à l’époque et ça fait partie des films qu’on choisit d’aller voir, on nous l’impose pas. Je me souviens y être allé avec une bande de potes et c’était visuellement incroyable. On l’a tous pris en plein tête, on flippait, on était bluffé, y’avait beaucoup d’humour. Ca fait partie des films qui vous marquent en tant qu’adolescent, et se retrouver aujourd’hui dans le tournage de cette aventure, c’est exceptionnel et énorme.DSC00039

Une partie du tournage a été réalisé en studio mais une grande partie a également été tournée en décors naturels. Est-ce que ce fut un tournage éprouvant car vous courrez tous beaucoup dans le film… vraiment beaucoup… ?

Colin Trevorrow : C’était plus facile pour moi car je n’avais pas courir dans la jungle. Mais curieusement, ça s’est passé de façon étonnamment fluide voire facile. Bon évidemment, on a tourné dans la jungle, on a tourné de nuit, on a connu un soleil de plomb à la Nouvelle-Orléans où les décors avait été reconstruits, mais je crois qu’au final, tout s’est fait dans le plaisir et la joie de participer à cette aventure, d’être là dans cette création. J’en retiens un plaisir pur, en fait.

Bryce Dallas Howard : Dans les films comme ça, les personnages ont toujours un costume, un objet qui les caractérise et les représente de façon presque métaphorique. Pour Claire (le personnage joué par la comédienne – ndlr), ce sont ses talons hauts. Elle a cette tenue assez sévère, avec son chemisier bien boutonné, et à travers sa quête du profit, elle finit par oublier sa part d’humanité. Et plus l’histoire évolue, plus on voit Claire évoluer. Quand elle arrive dans la jungle, la blancheur immaculée de sa tenue n’est plus, ses vêtements sont déchirés, elle est pleine de boue, elle a des bleus partout, elle est sale, elle pue… Mais elle garde ses talons ! Du coup, quand on la voit piquer un sprint de dingue perchée dessus, pour moi, c’est une image qui représente sa force, sa puissance. C’est ça qui traduit son côté héroïne et guerrière. Et moi aussi, en tant qu’actrice, j’ai dû faire ce voyage pour devenir aussi badass qu’elle.DSC00068

Chris Pratt : Le tournage était bien car il n’y avait pas que des scènes où je courrais. On alternait les scènes de vie où il y avait une interaction avec les autres acteurs et les scènes d’action. C’était intéressant car si je n’avais fait que des scènes physiques, j’aurais été épuisé, et si je n’avais fait que des scènes de dialogues intenses, j’aurai été épuisé aussi. C’était agréable car on a trouvé le juste équilibre entre les scènes physiques et mentales. C’était parfait.

Omar Sy : Moi ça allait car j’ai eu beaucoup moins à courir qu’eux deux. Mais de toute manière, en acceptant de faire un film comme celui-ci, on est préparé à ça. Puis c’est excitant de courir, d’être poursuivi par des choses, d’avoir peur… En tant qu’acteur, c’était un plaisir et j’ai accepté de le faire justement pour ça. Et ce fut au final que du plaisir.

Comment s’est passé votre collaboration avec Phil Tippet (le superviseur des effets spéciaux, déjà présent sur le premier film – ndlr) et quelle est la part d’animatronique et la part d’effets digitaux dans le film ?

Colin Trevorrow : Phil Tippet a été d’une grande aide parce qu’il connaît parfaitement le comportement animal. Il est lui-même comme les raptors, il a ses instincts très puissants. Il maîtrise bien leurs mouvements, leur aspect physique, donc il est arrivé à les rendre tout à fait réels et à traduire leurs motivations. Dans Jurassic World, je voulais montrer les raptors différemment. C’était donc de vrais acteurs qui jouaient en motion capture car on voulait montrer des mouvements différents des films précédents et dans le même temps sans aller trop loin, car je voulais aussi les montrer tels que lui les avait « inventé » à l’époque du premier Jurassic Park. Sinon, on a utilisé différentes techniques pour Jurassic World. Concernant les animatroniques, on les a utilisé pour les moments en plans rapprochés, quand on voulait donner le sentiment d’être au plus près de l’animal, de pouvoir le toucher. Par exemple, pour des scènes comme celle où le personnage d’Omar les caresse. On a atteint un point en terme d’effets spéciaux vraiment épatant mais pour certaines scènes, il fallait vraiment de très grands artistes et on a réuni une véritable « a-team ».DSC00025

Pendant le tournage, vous avez teasé des éléments en rapport avec le premier film, notamment des images avec la célèbre bombe de mousse à raser. Est-ce que ce sont des éléments qui ont été coupés et les verra t-on dans un éventuelle version longue ou dans des scènes coupées en bonus des éditions vidéo ?

Colin Trevorrow : Il y a très peu de scènes coupées dans le film. Il n’y a d’ailleurs aucune version cachée de trois heures de Jurassic World. Le premier montage faisait 2h10, la version que vous avez pu voir fait deux heures. Quand vous travaillez avec quelqu’un comme Steven Spielberg, vous savez, il attache beaucoup d’importance à ne donner que l’information nécessaire. C’est très intéressant. Concernant la scène de la mousse à raser, je faisais très attention au fait que je ne voulais pas trop puiser dans le sentimentalisme et les souvenirs du premier pour séduire les fans. Je voulais faire un film différent, audacieux, où certes les fans pourraient puiser quelques références au premier, mais où ceux qui découvriraient l’univers pour la première fois, vivraient une expérience nouvelle.

Le premier film montrait une génétique plutôt « positive » dans l’idée mais qui dérapait alors que le second pousse vraiment dans l’idée d’une génétique qui nous échappe, avec un côté apprenti sorcier. C’était ce que vous vouliez souligner ?

Colin Trevorrow : On peut considérer que c’est une partie du film. Je voulais surtout montrer que le côté « chasse au profit » nous vole notre humanité. Le personnage de Claire (Bryce Dallas Howard) est le symbole de tout cela. L’indominus Rex est le symbole de ce désir de satisfaire les clients et de faire de l’argent. Je ne veux pas qu’il y ait vraiment de message mais s’il devait y en avoir un, ce serait ça. Le fait que l’on est devenu insensible à la beauté de la nature qui nous entoure et nous oublions souvent que l’on est sur cette terre depuis très peu de temps. Et avant qu’il y ait des choses qui nous divisent, il y avait sur Terre quelque-chose que nous avons tous en commun : ces dinosaures.DSC00076

D’ailleurs, est-ce qu’ils représentent un peu notre animalité à nous, dans le film ?

Bryce Dallas Howard : On dit toujours que la partie la plus ancienne de notre cerveau est la partie reptilienne, qui est la source de nos instincts. Donc il est intéressant d’imaginer, comme le faisait Michael Crichton dans ses romans, ce qui se passerait si l’homme et les dinosaures coexistaient. Bon, la réponse est simple, le dinosaure boufferait l’homme. Mais ce qui est intéressant quand on voit cet affrontement avec ces créatures, c’est qu’on se rend compte à quel point finalement, nous sommes aussi des créatures primitives et animales. Nous sommes en partie des animaux, c’est vrai.

Chris Pratt : Décidément, j’aime le français, ça sonne mieux que l’anglais ! Ce qui est formidable je trouve, c’est qu’au cœur du film, il y a la relation humaine. Parce que même si vous avez des animaux spectaculaires, ce qui compte dans l’histoire, ce sont les relations humaines. Mon personnage Owen, essaie de faire ressurgir la part animale qui est en Claire (Bryce Dallas Howard). D’ailleurs, la situation fait que ça arrive tout seul mais quand elle se transforme en guerrière, il y a ce moment très sexy où elle se lâche et c’est à ce là que sa part animale se révèle.

Merci à Colin Trevorrow, Bryce Dallas Howard, Chris Pratt, Omar Sy, Universal Pictures et Youmaly.

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