FAUST (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Faust
Parents : Alexandr Sokourov
Livret de famille : Johannes Zeiler (Faust), Anton Adasinskiy (l’usurier), Isolda Dychauk (Margarete), Georg Friedrich (Wagner), Hannah Shygulla (la femme de l’usurier), Florian Brückner (Valentin)…
Date de naissance : 2011
Nationalité : Russie
Taille/Poids : 2h14 – 8 millions €

Signes particuliers (+) : Visuellement splendide.

Signes particuliers (-) : Chiant à mourir. Confus et pompeux.

 

FAUST PAS POUSSER QUAND MÊME !

Résumé : Faust, un théoricien penseur cherchant dans les mystères de l’âme dans la chair du corps humain, fait la connaissance d’un vieil et étrange homme…

Le russe Alexandr Sokourov s’empare librement de la célèbre version du mythe de Faust par Goethe, narrant le désespoir d’un homme au bord du gouffre alors que cherchant des réponses à des questions existentielles, il se heurte à l’insatisfaction et l’échec. Il se laisse attirer par un pacte proposé par Méphistophélès, alias le diable en personne, qui lui propose d’exaucer tous ses désirs en échange de son âme. Avec le cinéaste de L’Arche Russe, de Mère et Fils ou de Moloch, on ne pouvait décemment pas s’attendre à quelque chose de traditionnel, rappelons qu’il a été l’élève de Tarkovski quand même, dont on sent l’inspiration dans son cinéma. On n’est donc pas étonné de se retrouver confronté à une œuvre lourde et énigmatique, non narrative au sens strict du terme et qui se situe davantage dans une errance métaphysico-philosophique que dans le conte fantastico-horrifique classique. En somme, le Faust de Sokourov ne ressemble en rien à la version de Brian Yuzna.

Elégant, soigné, la profondeur, la beauté et la richesse de ce Faust sautent aux yeux dès les premières minutes. Sokourov a l’air de rechercher l’œuvre ultime, absolue, la perfection dans son art, aussi bien cinématographique que cinéphilique. Sa fresque tragico-pensive, couronnée récemment du Lion d’or au Festival de Venise, est somptueuse, fascinante tel un monument envoûtant qui laisse perplexe. Car on ne comprend pas tout, il faut le reconnaître, dans cette expérience d’un certain cinéma auteuriste qui essaie de parler de l’homme, du monde, de la vie, de la mort, de l’existence, qui essaie de brosser des sujets passionnants mais avec une complexité qui nous pousse souvent sur le bord du chemin. Pompeux, long, lent, Faust erre entre ses sujets, entre ses réflexions, donnant à ce pensum expressionniste filmé comme un tableau en mouvement permanent une lourdeur emphatique à la fois grandiloquente et grotesque.

Ce Faust est le reflet d’un cinéma qui recherche l’art permanent avec une forme de prétention que l’on a du mal à qualifier et à cerner entre positive ou négative. Encombré de dérives littéraires migraineuses, confus quand à la visée finale qui se pare d’un faux air d’œuvre définitive qui endommage sa qualité introspective, ce dernier film en date de Sokourov est surtout indigeste, manque d’une grâce que l’on trouvait chez des Kubrick ou des Tarkovski par exemple. Il faut être motivé pour se lancer dans un tel chaos philosophique qui s’affranchit souvent du regard du spectateur pour privilégier son nombrilisme. Et cela donne lieu à une œuvre incontestablement belle mais douloureuse où l’ennui guette souvent.

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