DREDD (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Dredd
Père : Pete Travis
Livret de famille : Karl Urban (Dredd), Olivia Thirlby (Anderson), Lena Headey (Ma-Ma), Wood Harris (Kay), Warrick Grier (Caleb)…
Date de naissance : 2012
Nationalité : Etats-Unis, Angleterre, Inde
Taille/Poids : 1h35 – 50 millions $

Signes particuliers (+) : Bourrin, efficace, avec des séquences d’action dantesques… Un pur actionner bas du front et sans complexe mais parfaitement exécuté. Plaisir coupable au maximum.

Signes particuliers (-) : Une interprétation générale qui ne respire la finesse du travail made in Actor’s studio.

 

THE RAID OF THE JUDGES !

Résumé : Alors que dans futur lointain la Terre est devenue quasi-inhabitable, les hommes sont regroupés dans d’immenses mégalopoles, entassés les uns sur les autres dans des tours appelées les « blocs ». Les juges, sorte de police efficace appliquant strictement la loi en cumulant les postes de flic, juge et bourreau, font régner l’autorité et interviennent dès que nécessaire. Le Juge Dredd est l’un des meilleurs. Ce jour-là, il se retrouve à devoir évaluer une jeune recrue douée de capacités télépathiques mais qui a échoué de peu aux examens d’entrée dans la police. Alors qu’ensemble ils se déplacent dans un bloc pour un triple meurtre, ils vont se retrouver coincés dans un building, retenu par une puissante et impitoyable caïd de la drogue, ma-Ma, qui n’entend pas les laisser repartir vivant pour éviter qu’ils mettent le nez dans ses affaires. Une chasse à l’homme est ouverte et les deux coéquipiers sont les proies…

Personne n’emmerde un juge, personne ne discute devant un juge, personne ne se met en travers de la route d’un juge. Voilà, Dredd vient d’être résumé. En 1995, Danny Cannon met en scène Judge Dredd, série B de luxe à gros budget avec Sylvester Stallone narrant les exploits d’un « juge », sorte de super-policier du futur dans ce qui était une adaptation d’une BD éponyme à succès. Echec sur toute la ligne, aussi bien critique que financier avec ses seulement 35 millions de dollars de recettes pour un budget de 70, le film gardera une réputation de nanar qui se transformera progressivement avec les années en film culte des années 90 pour une génération de geeks. Mauvais mais culte. 17 ans plus tard, allez savoir pourquoi, mais voilà que quelqu’un a eu l’idée d’une séquelle, qui est plutôt en réalité un reboot n’entretenant aucun rapport avec son prédécesseur mis à part le nom du héros et l’univers. Une entreprise étonnante au vu du souvenir qu’a laissé le précédent dans le milieu hollywoodien. Budget révisé à la baisse (50 millions), acteurs de seconde zone (le film est emmené par le bisseux Karl Urban dans le rôle de Dredd et la mignonne Olivia Thirlby vue dans The Darkest Hour, Sex Friends ou Juno joue les sidekick un peu sexy alors que côté grand méchant à abattre, le rôle revient à une femme, Lena Headey, la Cersei Lanister de la série Games of Thrones vue aussi dans 300 en épouse de Gérard Butler) et voilà que Dredd version 2012 est une nouvelle série B à moyen budget et qui devrait sortir directement en DVD dans pas de mal de pays.

Dredd a subi un bon gros lifting. Conduit par Pete Travis, le réalisateur de Endgame et Angles d’Attaque, Dredd se débarrasse de toute prétention, de toute ambition qui ne tirerai pas dans le même que la visée finale du film : du fun, du fun et du fun. Et bourrin si possible. Concrètement, les non-amateurs de gros films d’action bodybuildés gonflant les pecs, toute connerie mis en avant, risqueront fortement de passer un sale quart d’heure. Car Dredd est le pendant américain du récent The Raid de Gareth Evans en Indonésie. En somme, on se pose pas trop de questions et on profite d’un spectacle optimum fait de gunfights dantesques, d’explosions et de dézinguage de méchants à tout-va. Le script est sommaire. Deux juges coincés dans un bâtiment contrôlé par une terrible criminelle crainte, Ma-Ma, et des hordes d’hommes de main lâchés sur eux comme des chiens sur leur proie. Et 1h30, ça castagne, ça flingue dans tous les sens, ça fait tout péter, avec un minimum de profondeur mais un maximum de plaisir coupable jouissif.

Car finalement, on se demande si ce Dredd 2012 ne serait pas meilleur que son homologue de 1995. A moins se prendre la tête et à plus assumer sa stature, il est une petite pépite décomplexée qui multiplie les moments de bravoure épique dans un maxi-circus où les balles volent bas et où les coups partent facilement. Tout n’est pas parfait, évidemment, mais Pete Travis fait le job avec sérieux, n’allant jamais dans l’action incompréhensible et illisible mais au contraire, fournissant un produit propre, clair, bien fichu, bien mis en scène, monté et construit. Simple et efficace, voilà la devise d’une série B qui vise juste, pleine de bonnes idées (le mitraillage d’un étage transformé en gruyère, le slo-mo et ses effets bien retranscris, le bouclage du « bloc »/immeuble) et bien violente comme il faut. Alors certes, on repassera pour le cours d’actor’s studio, Karl Urban livrant une prestation tellement monolithique avec sa mâchoire serrée pour jouer « colère impassible » qu’il en devient presque une caricature d’un Stallone pas content, pas loin d’une marionnette des Guignols de l’info. Mais merde, on s’en fout, on se régale devant ce joyeux massacre improbable, plein de raccourcis scénaristiques mais qui finissent par passer dans un script globalement plutôt potable jouant à mort sur le combat du bien contre le mal avec un manichéisme assumé. Ah, et c’est écrit par Alex Garland, auteur des scénarios de 28 Jours Plus Tard, Sunshine ou encore La Plage. Forcément, tout de suite, ça sort un peu tout ça de la médiocrité et le boulot de l’auteur est plutôt fidèle à l’esprit des BD Judge Dredd, ce qui lui a valu l’adoubement des créateurs du personnage originel. Il a su faire clair et concis, sans chercher à disperser son histoire pour faire un film de SF ample alors que le budget n’aurait pas suivi, et que les intentions n’allaient pas dans cette direction. C’est ça d’être intelligent, avoir la capacité de se calquer sur la ligne directrice d’un projet et de s’adapter en conséquence. Résultat, au lieu d’être un film futuriste ambition mais foireux comme celui de 1995, Dredd est un simple actionner modeste et plus léger mais au moins de qualité. Bien joué.

Dommage que chez nous le film n’ait droit qu’à une sortie direct en DVD car tourné en 3D, avec des séquences en ultra-ralenti (pour retranscrire les effets de la drogue dite « slo-mo » qui fait tout voir et ressentir très au ralenti) filmées en 4000 images / sec, le film devait plastiquement avoir de la gueule. C’est déjà beau en 2D alors on imagine vaguement en 3D. C’est un petit plaisir qui nous sera dénié. Mais on a l’habitude, les films sympathiques restent cantonné dans les bacs de la Fnac et les bouses ont droit a leur 800 salles. C’est la loi du ciné en France.

Bande-annonce :

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