Mondociné

WORKING WOMAN de Michal Aviad : la critique du film

Partagez cet article
Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Isha Ovedet
Mère : Michal Aviad
Date de naissance : 2018
Majorité : 17 avril 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : Israël
Taille : 1h32 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Liron Ben-Shlush, Menashe Noy, Oshri Cohen

Signes particuliers : Un drame qui entend dénoncer les mécanismes du harcèlement sexuel en entreprise.

UN FILM CONTRE LE HARCÈLEMENT QUOTIDIEN

LA CRITIQUE DE WORKING WOMAN

Synopsis : Orna travaille dur afin de subvenir aux besoins de sa famille. Elle est rapidement promue par son patron. Les sollicitations de ce dernier deviennent de plus en plus intrusives et déplacées. Orna prend sur elle jusqu’au jour où elle ne peut plus supporter la situation…

Huit ans après Invisible qui évoquait le traumatisme d’un viol sur les victimes marquées à vie, la réalisatrice israélienne Michal Aviad se penche cette fois sur la question du harcèlement en milieu professionnel, sujet d’actualité à l’heure où le mouvement #MeToo participe de libérer la parole sur ce problème dans nos sociétés encore très patriarcales et aide à faire ressurgir des tas d’histoires longtemps passées sous silence. Working Woman, c’est « le combat contre le harcèlement » d’Orna, une jeune mère de famille qui a besoin de son travail mais qui subit les lourdes insistances de son patron, un promoteur immobilier.

Il ne suffit pas d’avoir un sujet fort et d’actualité pour faire un bon film. Ce n’est pas nouveau mais visiblement, certains ont encore un peu de mal à accepter l’idée. Comme Michal Aviad, qui n’hésite pas à pointer du doigt les difficultés qu’elle a rencontrées pour financer son film, auquel on reprochait un manque « de drame » et un scénario dans lequel « il ne se passe rien ». Certes, le harcèlement est un drame et montrer la manière dont s’installe ce type d’engrenage ne peut décemment pas être qualifié de « rien ». Mais malgré cela, Working Woman est quand même bien vide. Non pas parce que Michal Aviad a refusé de s’aventurer sur le terrain du sensationnalisme, du voyeurisme ou du pathos misérabiliste, pour privilégier un regard sur une situation simple, banale et approchée de manière tristement réaliste, mais parce que son récit manque cruellement de consistance pour dépasser le statut de simple anecdote illustrée.

« Le combat d’une femme contre le harcèlement » évoque l’affiche. Mais quel combat au juste ? Car le plus étonnant dans Working Girl, c’est justement l’absence de « combat », c’est l’irréelle apathie de son personnage qui subit sans réactions. On connaît la capacité du harcèlement sexuel à étouffer psychologiquement une victime mais l’engrenage montré dans Working Girl ne fonctionne pas car on ne ressent jamais le déséquilibre psychologique de la victime, l’oppression, la déstabilisation, l’angoisse, le mal-être. Au fond, Michal Aviad ne fait rien de son sujet et passe très souvent à côté de ses scènes les plus intéressantes, ou choisit tout simplement l’ellipse pour ne pas les montrer. Comme par exemple ce voyage à Paris entre l’employée Orna et son patron, étape clé du processus de harcèlement, où la cinéaste nous prive du trajet retour, sans aucun doute la séquence que l’on aurait voulu le plus voir pour pouvoir scruter le comportement du bourreau et de sa victime côte à côte. A force de vouloir jouer la subtilité à l’excès pour essayer d’être juste et pas complaisante, Michal Aviad loupe son exercice, lui ôte justement toute subtilité pour se contenter de grandes lignes fuyantes, et le rend lisse et plat, tout le contraire de ce que réclamait le sujet comme le film. C’est bien de s’attaquer à un sujet important mais encore faut-il savoir comment avant de foncer tête baissée dans la démonstration schématique.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Close
Première visite ?
Retrouvez Mondocine sur les réseaux sociaux