VALÉRIAN ET LA CITÉ DES MILLE PLANÈTES de Luc Besson : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Valérian et la cité des mille planètes
Père : Luc Besson
Date de naissance : 2017
Majorité : 26 juillet 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 2h18 / Poids : 180 M€
Genre
: SF

Livret de famille :  Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Kris Wu, Sam Spruell, Ethan Hawke, Rihanna, Alain Chabat…

Signes particuliers : Luc Besson a le mérite d’avoir essayé. C’est déjà plus que bien d’autres. 

IL VALAIT RIEN CE VALERIAN ?

LA CRITIQUE DE VALERIAN

Résumé :  Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d’agents spatio-temporels chargés de maintenir l’ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha – une métropole en constante expansion où des espèces venues de l’univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d’Alpha, une force obscure qui menace l’existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l’avenir de l’univers.

Depuis quelques années, Luc Besson n’a plus la côte, au point d’être parfois même l’objet d’une cabale gratuite et ridicule. Mis à part le succès (commercial) de son décrié Lucy, le père de Léon est en perte de vitesse et d’image. Quoi de mieux pour se relancer, qu’un retour au genre qui l’a vu connaître l’un des plus beaux triomphes de sa carrière : la science-fiction. 22 ans après Le Cinquième Élément, Besson s’attaque à la BD Valérian et Laureline de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, qui fête justement son cinquantième anniversaire au moment de cette adaptation montée façon superproduction comme on en a jamais vu en France. Avec un budget avoisinant les 200 M€, Valérian et la Citée des Mille Planètes est de très loin, le film le plus cher jamais produit dans l’hexagone. Et de très loin, le pari le plus risqué du courageux Besson, probablement le seul cinéaste français à avoir le cran de se lancer dans pareille entreprise, rivalisant sans honte avec le cinéma hollywoodien. Porté par le duo Dane DeHaan et Cara Delevingne, Valérian nous entraîne dans un gigantesque space opera boosté par ses envies de spectacle familial, avec au menu, action trépidante, humour second degré, romance, vaste bestiaire extraterrestre, effets spéciaux, et voyage dans un univers situé dans une Galaxie lointaine, très lointaine… 

Encore une fois, Luc Besson avait des ambitions. Mais encore une fois, Luc Besson n’est pas parvenu à les concrétiser et nous laisse avec l’amertume d’une déception frustrante. Frustrante, car on avait envie d’y croire à son projet complètement dingue, motivé par une passion qui n’avait d’égale, que le regard naïf et enfantin qui règne en maître sur son adaptation à l’indiscutable sincérité. A travers Valérian, on sent que Luc Besson avait à cœur de renouer avec son amour du grand spectacle, et de redorer au passage son blason, en se servant de la BD culte pour nous replonger dans une sorte de néo-Cinquième Élément des temps modernes. A ce propos, les similitudes sont très nombreuses, qu’elles soient structurelles, visuelles, narratives ou artistiques. Malheureusement, Le Cinquième Élément, c’était il y a 22 ans. Et c’est tout le problème de Valérian, qui jaillit aujourd’hui comme un divertissement terriblement daté, sorte de fantaisie SF poussiéreuse semblant avoir 20 ans de retard sur son époque. Entre ses dialogues (et blagounettes) d’une ringardise confondante, son histoire à la mécanique rouillée et aux ressorts vieillots, sa mise en scène sous inspiration passéiste, ou son univers visuel a la kitscherie contre-productive, Valérian semble être davantage un pillage en règle de tout plein de choses empruntées ça et là (Star Wars, Star Trek, Stargate, Avatar, Battlestar Galactica… et Le Cinquième Élément – oui, oui, Besson s’auto-pompe aussi), plus qu’une œuvre débordante d’imagination et soucieuse de souffler un vent d’air frais sur la SF moderne. Même ses passages pseudo-créatifs (Le « Big Market » et son action évoluant sur deux niveaux de dimension), s’empêtrent dans une non-maîtrise qui ne fait que renforcer cette impression générale de méga-blockbuster ampoulé et en roues libres, capable de quelques pointes de meilleur, comme d’un déluge de très laid. 

D’un bout à l’autre, le second défaut béant de Valérian est de ne jamais chercher à devancer son récit. Dans l’écriture, le film suit un parcours ultra-balisé, enchaînant les saynètes avec une tragique absence de constructivité et de consistance. Le scénario de Valérian est constamment fonctionnel ou poussif, et avance sans cesse en actionnant des ficelles aussi grosses que des cordages de bateau, pour faire progresser une intrigue qui paraît naviguer à vue. Et nous avec, spectateur désintéressé d’un naufrage que l’on prendrait presque en sympathie s’il ne ressemblait pas à un tel passe-plat ennuyeux, emboîtant ses péripéties avec autant d’entrain qu’un bagnard condamné à la mine. Un contre-effet de cette extrême simplification du récit, tirant toujours tout droit sans se préoccuper du paysage environnant. 

Sorte de feu d’artifice science-fictionnel virant au gros bordel cacophonique paradoxalement brouillon et trop rigidement structuré à la fois, Valérian est un étrange objet à ranger sur l’étagère des machins iconoclastes dont on ne sait trop quoi faire. Probablement de quoi expliquer son plantage cataclysmique au box office américain d’ailleurs. Besson signe une sorte d’anti-blockbuster dont la pseudo-folie de façade prend quelques distances avec le formatage huilé hollywoodien, et dans le même temps, il signe une œuvre au lustre terni par son manque d’originalité et par la fadeur d’une intrigue qui tourne en rond sur elle-même, incapable de savoir quoi foutre de son univers où pourtant, tout était possible. Reste un film vide et sans relief, production coûteuse qui cache derrière son imagerie spectaculaire, une carcasse en toc qui passe complètement à côté de son potentiel, comme de son univers et de ses personnages, réduits à la fonction de jeunes figures sexy/cool presque plus agaçantes qu’attachantes. D’autant que le talentueux Dane DeHaan trimbale un regard aussi expressif qu’une table basse, accompagné d’une Cara Delevingne dont le talent est aussi limité que la liste des jobs proposés par Pole Emploi. Finalement, et ironiquement, c’est Rihanna qui s’en sort le mieux, amenant lors de sa courte apparition, le seul frémissement émotionnel à prévoir dans cet échec bien triste, qui va encore donner du grain à moudre aux détracteurs de ce stakhanoviste courageux qu’est Luc Besson.

Par Nicolas Rieux

 

5 commentaires à propos de “VALÉRIAN ET LA CITÉ DES MILLE PLANÈTES de Luc Besson : la critique du film
sortie cinéma

  1. ça, un journaliste ? incapable de se laisser porter par un super gala de science fiction aux décors superbes et à l’humour subtil. dire que « Dane DeHaan trimbale un regard aussi expressif qu’une table basse, accompagné d’une Cara Delevingne dont le talent est aussi limité que la liste des jobs proposés par Pole Emploi. » c’est vraiment pour le plaisir de faire un effet de réthorique, car les acteurs s’en sortent très bien .

  2. oui, trop triste le journaliste ! incapable de se laisser porter par un super gala de science fiction aux décors superbes et à l’humour subtil. dire que « Dane DeHaan trimbale un regard aussi expressif qu’une table basse, accompagné d’une Cara Delevingne dont le talent est aussi limité que la liste des jobs proposés par Pole Emploi. » c’est vraiment pour le plaisir de faire un effet de réthorique, car les acteurs s’en sortent très bien .

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