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TREMBLEMENTS de Jayro Bustamante : la critique du film

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Tremblores
Mère : Jayro Bustamante
Date de naissance : 2018
Majorité : 1er mai 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : Guatemala, France
Taille : 1h40 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Juan Pablo Olyslager, Diane Bathen, Mauricio Armas…

Signes particuliers : Un film choc et poignant qui bouscule le spectateur.

« GUÉRIR » L’HOMOSEXUALITÉ

LA CRITIQUE DE TREMBLEMENTS

Synopsis : Guatemala, Pablo, 40 ans, est un « homme comme il faut », religieux pratiquant, marié, père de deux enfants merveilleuxQuand Il tombe amoureux de Francisco, sa famille et son Église decident de l’aider à se « soigner ». Dieu aime peut-être les pécheurs, mais il déteste le péché. 

Avec Tremblements, le réalisateur guatémaltèque Jayro Bustamante signait son retour au festival de Berlin quatre ans après y avoir présenté Ixcanul. Présenté dans la section Panorama qui met en lumière des œuvres indépendantes aux sujets peu-conventionnels voire controversés, Tremblements est une peinture douloureuse de ce que c’est qu’être gay dans une société traditionaliste très imprégnée par la religion, en l’occurrence ici le christianisme au Guatemala.

Tremblements s’ouvre sur une séquence laissant penser à un deuil. Réunion familiale, rideaux tirés, costumes et mines sombres, tout le monde attend Pablo, un père de famille « comme il faut » et pratiquant qui vient d’être récemment forcé de faire son coming out. Quand il arrive, on comprend vite la situation. Cette ambiance endeuillée est hautement symbolique. Pablo a couvert de honte sa famille ultra-catholique et s’il est bien vivant et dévasté, mieux eut valu qu’il soit mort. Il l’est même en un sens pour certains. Vient le deuxième symbole, un tremblement de terre qui secoue le coin et la maisonnée. Une métaphore assez évidente de ce qu’a produit la révélation de son homosexualité dans ce microcosme violemment secoué dans ses bases et valeurs. Dans cette atmosphère aussi lourde qu’une chape de plomb, Tremblements va ausculter le parcours de ce personnage, ses hésitations, son malaise, son statut de paria et surtout le camp de redressement où il est envoyé pour être « guéri ». Et Bustamante de proposer une version plus dure et plus sombre du récent Boy Erased, magnifiée par un excellent Juan Pablo Olyslager et surtout par une mise en scène aussi faussement minimaliste que d’une extrême précision.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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