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LA VOIE DE LA JUSTICE de Destin Daniel Cretton : la critique du film

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Just Mercy
Père : Destin Daniel Cretton
Date de naissance : 2019
Majorité : 29 janvier 2020
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h15 / Poids : NC
Genre : Drame, Biopic

Livret de famille : Michael B. Jordan, Jamie Foxx, Brie Larson, Tim Blake Nelson, Rafe Spall, O’Shea Jackson Jr…

Signes particuliers : Scolaire mais toujours utile.

MICHAEL B. JORDAN LUTTE POUR LA JUSTICE ET LA DIGNITÉ

NOTRE AVIS SUR LA VOIE DE LA JUSTICE

Synopsis : Le combat historique du jeune avocat Bryan Stevenson. Après ses études à l’université de Harvard, Bryan Stevenson aurait pu se lancer dans une carrière des plus lucratives. Il décide pourtant de se rendre en Alabama pour défendre ceux qui ont été condamnés à tort, avec le soutien d’une militante locale, Eva Ansley. Un de ses premiers cas – le plus incendiaire – est celui de Walter McMillian qui, en 1987, est condamné à mort pour le meurtre retentissant d’une jeune fille de 18 ans. Et ce en dépit d’un grand nombre de preuves attestant de son innocence et d’un unique témoignage à son encontre provenant d’un criminel aux motivations douteuses. Au fil des années, Bryan se retrouve empêtré dans un imbroglio de manœuvres juridiques et politiques. Il doit aussi faire face à un racisme manifeste et intransigeant alors qu’il se bat pour Walter et d’autres comme lui au sein d’un système hostile. 

Alabama, 1988. Walter McMillian, modeste ouvrier afro-américain de Monroeville, est condamné à mort pour le meurtre sauvage d’une jeune femme blanche de 18 ans. Son procès sera expéditif, les preuves de sa culpabilité très légères, mais ce père de famille deviendra le Mal incarné pour toute une communauté sudiste rassurée de voir ce « monstre » enfermé et prochainement exécuté. Mais comme souvent aux Etats-Unis, McMillian croupira de longues années dans sa geôle. Assez longtemps pour qu’intervienne Bryan Stevenson, jeune avocat fraîchement diplômé et décidé à s’occuper des démunis condamnés à la peine capitale. Sur fond de combat judiciaire, c’est surtout un combat pour l’égalité des droits que mènera le jeune idéaliste sorti de Harvard. Cette première « affaire » déclenchera chez lui plus qu’une conviction. Avec La Voie de la Justice, le réalisateur hawaïen Destin Daniel Cretton (remarqué avec States of Grace puis Le Château de Verre avec Brie Larson) s’empare de l’histoire de ce brillant avocat et du malheureux McMillian, incarnés à l’écran respectivement par Michael B. Jordan et Jamie Foxx.

A la fois biopic et thriller judiciaire, La Voie de la Justice exploite l’histoire de Bryan Stevenson pour ajouter une petite pierre à l’un des plus grands débats et maux de la société américaine, le racisme, les inégalités raciales qui perdurent à travers les décennies et le traitement trop souvent frappé d’injustice réservé aux afro-américains, plus particulièrement dans certains États du sud qui ont toujours autant de difficultés à dépasser leur horrible passé ségrégationniste. Bien fait et surtout bien interprété (excellent Jamie Foxx notamment), le film de Destin Daniel Cretton ne fait pas de grosses vagues cinématographiques et se contente d’être un travail appliqué relatant des faits réels en modelant son histoire selon une efficacité hollywoodienne porteuse de suspens (surtout si l’on ne connaît pas les faits) et d’émotion appuyée. Quelques ficelles épaisses tiennent l’ensemble, tout est traité selon un angle démonstratif très scolaire, certaines zones du récit auraient méritées davantage d’explications (comment Stevenson a fondé son organisation Equal Justice Initiative) mais globalement, le résultat est propre et fonctionnel. On pourra lui reconnaître également, au-delà de son sujet, une saillie engagée contre la peine de mort, toujours en vigueur dans plusieurs États yankees. Un moyen de renforcer le côté actuel du film, et de dépasser un peu son caractère de biopic sensationnaliste exhumant une vieille histoire propice à l’indignation et aux larmes. Très (voire trop) classique sur la forme et rappelant un peu le très bon Le Droit de Tuer ? de Joel Schumacher (plus que La Ligne Verte, cité sur l’affiche à des fins marketing), La Voie de la Justice est surtout intéressant pour son fond, qui interpelle sur notre époque. Au fond, en 2020, les choses ont-elles vraiment changé ?

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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