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JUST CHARLIE de Rebekah Fortune : la critique du film

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Just Charlie
Mère : Rebekah Fortune
Date de naissance : 2018
Majorité : 15 mai 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : Angleterre
Taille : 1h39 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Harry Gilby, Scot Williams, Patricia Potter…

Signes particuliers : Un film juste, sensible, utile.

DANS LE MAUVAIS CORPS

LA CRITIQUE DE JUST CHARLIE

Synopsis : Charlie vit à Tamworth, une petite ville anglaise où tout le monde se connaît. C’est un adolescent destiné à un bel avenir dans le football et son père voit en lui le professionnel qu’il n’a jamais pu être. Mais Charlie se retrouve tiraillé entre le désir de répondre aux attentes de son père et le fait qu’il se sent emprisonné dans le corps d’un garçon. En proie à une crise identitaire, la relation précieuse qu’il avait alors avec son père se dégrade et c’est tout son univers qui est sur le point de basculer, y compris sa future carrière de footballeur. Sa volonté de découvrir sa véritable identité, va bouleverser tout l’équilibre de sa famille et celui de ses amis. JUST CHARLIE est un film sur l’acceptation de soi et l’acceptation des différences. 

Le 17 mai prochain sera la Journée Mondiale contre l’Homophobie et la Transphobie. Au même moment sortira en salles le film Just Charlie, premier long-métrage de la réalisatrice Rebekah Fortune et adaptation de son précédent court-métrage (Something Blue) qui avait le tour des festivals du monde entier. Just Charlie, c’est l’histoire d’un jeune adolescent mal dans sa peau. Mal parce qu’au plus profond de lui, Charlie ne se sent pas comme le garçonnet surdoué en football que vénère son père. Au fond de lui, Charlie se sent fille. Quand son trouble identitaire va filtrer au grand jour, c’est toute sa vie et sa cellule familiale qui va exploser.

Pour son premier long-métrage, Rebekah Fortune aborde un sujet grave, important, difficile. Le trouble identitaire, le rejet, que ce soit par les siens, par les proches ou par les amis, le regard des autres et toute une façon d’exister à réapprendre. Autant que thématiques qui jalonnent le récit de ce Just Charlie, que la cinéaste à l’intelligence d’approcher avec un mélange de simplicité, de pudeur, de sensibilité et d’extrême délicatesse. Rebekah Fortune ne cherche jamais à verser dans le pathos ou dans le voyeurisme. Elle préfère à ce versant facile, un regard doux, lumineux, optimiste, véhicule d’une belle leçon sur le courage de s’affirmer et sur l’acceptation. Cette sorte de parcours initiatique, Just Charlie l’observe à travers plusieurs points de vue qui s’entrechoquent. D’un côté, il y a maman et la grande sœur qui soutiennent le choix. De l’autre, il y a le père et le meilleur ami qui ont du mal à accepter le changement. Au centre, il y a Charlie, tiraillé entre son désir et la peine qu’il fait autour de lui. Il ne devrait pas y avoir de peine car il ne devrait pas y avoir rejet en pareilles circonstances mais intelligemment, Rebekah Fortune ne juge jamais aucun de ses personnages. C’est l’autre force de son film, essayer de comprendre ce bouleversement qui touche autant le bouleversé que les proches autour de lui, pour différentes raisons. La souffrance est partagée par tout le monde mais Just Charlie essayait de l’analyser et d’y répondre avec tact et finesse. Et ça marche car le film est bouleversant, juste, dur et doux à la fois, magnifiquement interprété par toute sa galerie de comédiens.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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