CIEL ROUGE de Robert Wise
DVD – critique (western)

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note 6
Carte d’identité :
Nom : Blood on the Moon
Père : Robert Wise
Livret de famille : Robert Mitchum (Jim Garry), Barbara Bel Geddes (Amy), Walter Brennan (Kris Barden), Phyllis Thaxter (Carole), Robert Preston (Riling), Charles McGraw (Milo), Harry Carey Jr. (un cowboy)…
Date de naissance : 1948
Majorité au : 15 février 2005 (en DVD)
Nationalité : USA
Taille : 1h28
Poids : Budget NC

Signes particuliers (+) : Une tentative audacieuse de croisement du western et du film noir, par un Robert Wise qui affichait une volonté de s’écarter des codes traditionnels d’un genre très exploité à l’époque. Robert Mitchum apporte toute sa profondeur de jeu à son personnage en plein conflits moraux.

Signes particuliers (-) : Si le mariage des codes de ces deux genres finalement très différents est par moments séduisant, il a du mal à prendre dans la globalité d’un film au rythme étrange.

 

QUAND ROBERT WISE INVENTE LE « WESTERN NOIR »

LA CRITIQUE

Résumé : Juste après la Guerre de Sécession, un cow-boy vagabond, Jim Garry, loue ses services à Tate Rilling et Jack Pindalest, deux spéculateurs qui tentent, sous une apparente respectabilité, de déposséder un riche éleveur de ses troupeaux. Ecoeuré par leurs méthodes, Jim décide de quitter les deux escrocs et de rejoindre le camp de l’éleveur…

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L’INTRO :

Robert Wise aura été un extraordinaire touche-à-tout au cours d’une longue carrière traversant près de 60 ans de cinéma. Musical, science fiction, drame, film de guerre, péplum, western, épouvante… Y’a t-il seulement un genre auquel ce maître mésestimé ne se soit pas frotté ? Lorsqu’il signe Ciel Rouge, Robert Wise est plus un débutant qu’un cinéaste confirmé. Le futur réalisateur de West Side Story, Marqué par la Haine ou La Maison du Diable n’a signé qu’une poignée de films jusque-là et pourtant son expérience est longue comme le bras. Et pour cause, avant de se lancer dans la mise en scène, il a arpenté les salles de montage au point de devenir un incontournable de la profession, récoltant même une nomination à l’Oscar pour son travail sur le Citizen Kane d’Orson Welles. Ciel Rouge est en quelque sorte son dernier film de série B avant qu’il ne signe le film qui va réellement changer sa carrière, le chef d’œuvre Nous avons Gagné ce Soir. Western avec les jeunes Robert Mitchum et Barbara Bel Geddes, Ciel Rouge nous emmène dans un Texas encore sauvage où les fermiers se disputent bétails et terrains.

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L’AVIS :

Avec le recul, Wise avouera ne pas aimer ce film, autant qu’il n’aimait pas le genre en lui-même. Pourtant, si de piètre qualité il est, le savoir-faire inné du réalisateur aura su superbement camoufler une bonne partie de ses imperfections. Ciel Rouge n’est sans nulle doute pas le meilleur film de Robert Wise, c’est un fait. Toutefois, il constitue une expérience de cinéphile assez intéressante dans le mélange innovant et audacieux qu’il tente de proposer. Désireux de ne pas bêtement se conformer aux normes du western traditionnel, Robert Wise cherchera un moyen de s’écarter des codes alors à la mode. Il trouvera en se lançant dans un pari fou, croiser le genre avec le film noir. C’est toute la dichotomie de ce Ciel Rouge, adaptation d’un roman de Luke Short, qui en fait à la fois sa force et ironiquement sa faiblesse. Quand on regarde de plus près ce Blood on the Moon (son titre en version originale), il saute rapidement aux yeux que ce western là n’en est qu’à moitié un. Le contexte est là, l’histoire aussi, l’ambiance d’arrière-plan également, mais dans la facture, Ciel Rouge est ouvertement un « western noir », un film d’atmosphère sombre et nocturne et de gangsters du Far West, empruntant aux deux registres leurs dynamiques et une parties de leurs éléments constitutifs pour les marier ensemble dans un film au final assez singulier. Le résultat ne manque pas de charme et de qualités mais dans le même temps, le rythme lui fait défaut, celui qui noue la tension des films noirs collant de fait assez mal au western. Non pas que l’on s’ennuie mais presque…

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Robert Wise a t-il péché par excès d’ambition ? Peut-être, en un sens. Peut-être s’est-il aussi un peu trop pris au sérieux dans sa démarche. Toujours est-il que Ciel Rouge, au-delà de ses défauts, n’est pas un mauvais film, bien au contraire. C’est un western différent, un film qui tâtonne pour trouver sa propre tonalité et qui affiche surtout une incommensurable maîtrise dans sa technique, de la mise en scène à la photo somptueuse. La présence du cowboy mélancolique qu’était ce géant de Robert Mitchum est le petit plus venant relever son goût d’inachevé. Il trouve avec la belle Barbara Bel Geddes le répondant nécessaire pour former un beau duo tout en joutes alors que les seconds rôles régalent, de Robert Preston à Walter Brennan en passant par Charles McGraw. Décevant, maladroit, pas toujours juste… C’est vrai. Mais quand même !

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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