L’AMOUR PAR ACCIDENT de « David O.Russell » : la critique du film
Sortie Blu-ray/DVD

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Nom : Accidental Love
Père : David O.Russell (alias Stephen Greene)
Date de naissance : 2008
Majorité : 03 mai 2016
Type : Sortie DVD
(Éditeur : Universal)
Nationalité : USA
Taille : 1h30 / Poids : 26 M$
Genre : Comédie romantique

Livret de famille : Jake Gyllenhaal, Jessica Biel, James Marsden, Catherine Keener, Tracy Morgan, Kristie Alley, James Brolin…

Signes particuliers : L’une des plus gros accident du cinéma des années 2000.

UN FILM PAR ACCIDENT

LA CRITIQUE

Résumé : Un ouvrier blesse maladroitement une réceptionniste avec un clou dans la tête. La jeune femme décide de partir à Washington pour militer pour ses droits d’assurée. Elle rencontre un député très macho qui se sert d’elle pour se démarquer et se construire grâce à cette affaire une légitimité politique.l'amour par accident_accidental loveL’INTRO :

L’histoire d’Accidental Love est avant tout celle d’un accident industriel et artistique fascinant au regard des proportions et des noms en présence. Des acteurs célèbres devant la caméra, un projet plein d’ambitions, une production interminable égratignée par une multitude de problèmes, son illustre metteur en scène qui préfèrera se voir crédité sous un pseudo, et au final une sortie en DTV… huit ans plus tard ! Que dire quand on pense que le film impliquait rien de moins que Jessica Biel, Jake Gyllenhaal et David O.Russell à la baguette !comedy-accidental-loveL’AVIS :

En 2008, David O.Russell se voit confier cette adaptation du roman Sammy’s Hill signé Kristin Gore (fille du politicien Al Gore). Le réalisateur s’est déjà illustré avec Les Rois du Désert et J’adore Huckabees mais ses plus beaux faits d’arme restent à venir (Fighter, Happiness Therapy, American Bluff). C’est sur la foi d’une comédie satirique se moquant des failles béantes du système de santé américain et de ses illogismes tragiques que tout le projet Accidental Love a été monté. En gros, pas d’argent, pas de soins coûteux, même s’ils sont ô combien nécessaires. En l’occurrence ici, c’est une pauvre serveuse qui se retrouve avec un couteau planté dans le crâne et qui va devoir le garder car l’opération coûterait la bagatelle de 150.000$ ! On se souvient encore de quelle manière le corrosif Michael Moore avait pu souligner ces aberrations pour un pays aussi industrialisé que l’Amérique, dans son féroce documentaire Sicko, en 2007. Mais rapidement, tout ira de travers et le navire entamera sa plongée dans les abysses. James Caan quitte le projet pour divergences artistiques, des problèmes financiers interrompent mainte et mainte fois le tournage, acteurs et techniciens ne sont pas payés, certains prennent la tangente… Deux ans plus tard, David O.Russell fait ses valises à son tour et se verra crédité sous le nom de Stephen Greene. Des reshoot seront alors effectués et le film remonté pour une sortie en 2015, sous un autre titre. Bilan : 26 millions engloutis, une distribution confidentielle, et à peine 135.000$ de récupérés au terme d’une petite campagne marketing qui posait elle-aussi problème. Car si le film entendait dénoncer l’absence de couverture santé aux Etats-Unis en 2008, sa sortie tardive aura été doublée par la désormais célèbre ObamaCare, loi instaurant enfin une couverture sociale pour tous. En somme, tout le propos d’Accidental Love se voyait finalement complètement dépassé par la réalité. D’où la brillante idée de le vendre aujourd’hui comme une comédie romantique…file_602366_accidental-love-trailer-0152015-214642La sortie si anachronique d’Accidental Love est une aberration à ranger aux côtés de l’hallucination collective que représente la découverte du film. On ne saura probablement jamais si tous les problèmes inhérents à sa production sont responsables de tous les maux qui laminent le film, mais toujours est-il que le film de « David O.Russell » est une purge surréaliste. Une sorte de mille-feuille empilant les couches de médiocrité sur un incalculable nombre d’étages. Tournée façon parodie des télénovelas sud-américaines (qui sont déjà en soi des quasi-parodies par leur ton extrême), Accidental Love est une comédie hystérique et foutraque, face à laquelle on se retrouve dans l’incapacité de pouvoir en sauver quoique ce soit, trop occupé à devoir gérer notre consternation associée à des yeux ébaubis. L’humour absurde trempé dans le second degré se voit dévorer par la poussivité d’une affaire insupportablement gueularde, le trop-plein d’énergie permanente terrasse un spectateur noyé par l’agitation névrotique ambiante, la créativité délirante fatigue puis énerve très (trop) rapidement, les comédiens en roue libre surnagent, la direction artistique volontairement kitsch ne donne aucun cachet à la chose, le montage frénétique achève… Profondément ennuyeux et rebutant, Accidental Love ne met que quelques minutes à dessiner l’ampleur du désastre qu’il représente. On serait presque tenté de passer la chose en accéléré mais le chaos est tel, que l’on s’en trouverait presque lobotomisé, incapable de réagir devant l’un des pires naufrages de l’histoire du cinéma post-2000.

LA BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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