ABC’s OF DEATH 2 – Critique – Sortie DVD/Blu-ray

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114180.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre
note 5.5 -10
Carte d’identité :
Nom : ABC’s of Death 2
Père(s) : Film choral
Date de naissance : 2013
Majorité : Février 2015 / En VOD depuis le 02/10/2014
Type : Sortie DVD/Blu-ray – Déjà disponible en VOD
Nationalité : USA
Taille : 2h05 / Poids : NC
Genre : Horreur, Épouvante

Signes particuliers : L’anthologie horrifique est de retour pour une nouvelle salve de 26 saynètes, dirigées par 26 réalisateurs du monde entier, et basée sur un mot tiré de chacune des 26 lettres de l’alphabet. Et la mort comme point commun…

AU SUMMUM DE L’ANTHOLOGIE

LA CRITIQUE

Résumé : La suite de l’une des plus ambitieuses anthologies jamais conçues au cinéma, réalisée par des cinéastes de tous horizons, du Nigeria au Royaume-Uni en passant par le Brésil, Israël ou les Philippines. Un film composé de 26 segments, chacun dirigé par un réalisateur différent, qui s’est vu attribuer une lettre de l’alphabet, puis qui a choisi de l’illustrer à l’écran par un mot et une histoire dans laquelle la mort joue un rôle.abc's of death 2L’INTRO :

L’anthologie horrifique ABC’s of Death est de retour avec une nouvelle salve de 26 courts-métrages réalisés par 26 réalisateurs du monde entier, chacun ayant pris une lettre de l’alphabet pour pondre un segment renvoyant à un mot déterminé par ses soins sur la base de la lettre héritée. Avec une durée maximale imposée mais une liberté créative totale, les réalisateurs de ABC’s of Death 2 ont laissé une fois de plus libre court à leur imagination. Au programme de ce second acte, une flopée d’inconnus ou de méconnus au milieu desquels on notera tout de même la présence de quelques noms glorieux tels que Vincenzo Natali (Cube), l’israélien Aharon Keshales (Big Bad Wolves), le duo de français Julien Maury et Alexandre Bustillo ou encore Larry Fessenden (The Last Winter, Vanishing on 7th Street) ou Bill Plympton, qui se sont essayés à leur tour à cet exercice bien plus difficile qu’on ne veut bien le croire, d’accrocher le spectateur en racontant quelque-chose sur seulement quelques minutes.470750.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxL’AVIS :

Comme son prédécesseur, ABC’s of Death 2 affiche une grande variété de tons, de styles, de sujets et de durée. Et comme son prédécesseur, l’inégalité, le pire cauchemar du film à sketches, sera au rendez-vous. Et plus que nul autre, ABC’s of Death est particulièrement concerné par ce danger en cela que l’anthologie compile rien de moins que 26 segments, comme autant de lettres dans l’alphabet. Sur un nombre aussi important de mini-exercices, il y a forcément à boire et à manger à l’arrivée. Pour cette suite de l’anthologie horrifique désormais culte, on notera une forme de « lissage ». Pas dans la censure, loin de là, mais dans la qualité. Moins de segments très faibles mais dans le même temps, moins de segments réellement brillants. ABC’s of Death 2 tourne dans une variable allant du très passable au plutôt pas mal. L’ensemble s’avère plus homogène mais l’on s’emballe rarement devant un sketch relevant de la petite prouesse. Épouser ABC’s of Death 2, c’est comme les mariages : « pour le meilleur et pour le pire ».451531.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxPour le meilleur…

On soulignera le premier segment plein d’humour noir signé E.L. Katz, qui courageusement prend en charge le A (for Amateur) lançant l’affaire, avec une histoire de cambrioleur amateur méticuleusement préparé, mais voyant son plan partir en quenouille. Le E d’Alejandro Brugués, très drôle avec ses deux naufragés dont l’amitié et la solidarité dans l’épreuve est mise à rude épreuve avec l’arrivée d’une femme, se révèle correct mais sans plus. Le suivant, le F (for Falling), signé de l’israélien révélé cette année par son thriller Big Bad Wolves, parvient à se révéler beau et poignant en seulement quelques minutes avec son histoire de femme israélienne parachutiste coincée dans un arbre et trouvée par un jeune garçon palestinien. Le I (for invincible) du philippin Erik Matti, en appelle au Dario Argento de Suspiria alors que le K (for Knell) de Kristina Buozyte et Bruno Semper intrigue avec son étrange liquide noir transformant les gens en tueurs. Le M (for Masticate) de Robert Boocheck se révèle d’une élégante beauté formelle avec son zombie filmé en slow motion essayant de manger les gens dans la rue. Avec une chute comique et inspirée au passage. Amusant et original, le O (for Ochlocracy) de Hajime Ohata, qui imagine malicieusement, une femme condamnée à mort par un tribunal de zombies jugeant les humains qui veulent les tuer ! A ranger parmi les meilleurs segments, le S (for Split) de Juan Martinez Moreno avec son récit de home invasion où une femme, au téléphone avec son mari, se fait attaquer chez elle. Le tout filmé en split-screen sur trois écrans. Le T (for Torture porn) signé Jen et Sylvia Soska, apparaît comme un hommage quelque part entre Tobe Hooper et Cronenberg alors que le U (for Utopia) vient lui aussi se glisser parmi les efforts notables. Signé Vincenzo Natali, ce court de science-fiction nous entraîne dans une dictature futuriste proprement terrifiante. Enfin, on cochera également le W (for Wish) de Steven Kostanski, pour sa belle maîtrise et les débordements de gore qu’il offre, au travers de son récit où des gamins sont projetés dans leur jeu de société favoris où s’affrontent deux camps dans des combats violents à souhait.463406.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxPour le pire…

Du trop moyen pour convaincre au carrément pas bon du tout en passant par le hors-sujet, ce second chapitre de ABC’s of Death 2 fourmille en déceptions. Tous les segments non évoqués précédemment, en somme. Passé le segment introductif de E.L. Katz, rien de bien intéressant à se mettre sous la dent jusqu’au E de Brugués, y compris le segment en pâte à modeler de Robert Morgan (D). Le H (for Head Games) crayonné par Bill Plympton n’emballe pas, on se demande encore ce que le J (for Jesus) et son jeune homme martyrisé car homosexuel, vient faire dans cette affaire. Le L (for Legacy) signé Lancelot Imasuen et son sacrifice rituel dans une tribu indienne ennuie comme nombre de ses confrères à l’image du P (for P-P-P-P SCARY!) en noir et blanc ou du R (for roulette) et son affaire de roulette russe. Pas plus de réussite pour notre duo de français qui emballe un segment avec la présence d’une Béatrice Dalle incarnant une baby-sitter énervée par le xylophone (d’où la lettre X) du rejeton qu’elle garde. Si l’on se sera amusé su segment V (for vacation) tourné vers l’humour avec un homme appelant sa copine pour lui raconter que les vacances se passent bien avant qu’elle ne se rende compte de l’ampleur de leur dernière nuit de débauche, reste que comme beaucoup trop d’autres courts, on cherche toujours à comprendre l’intérêt de sa présence vu le sujet de l’anthologie.abc's of death 2Trop souvent tourné vers l’humour et manquant cruellement de teneur horrifique, ABC’s of Death 2 semble témoigner d’un manque d’inspiration trop fréquent, les occasions de s’extasier étant très rares dans ce second chapitre qui s’égare de façon régulière. Pour rappel, l’anthologie avait pour vocation de parler de la mort. Des intentions vite noyées dans une compilation très hasardeuse et se fourvoyant souvent dans le hors-sujet le plus complet. S’il y a de grandes chances pour que tout le monde tombe d’accord sur la déception que représente cette suite, reste que la subjectivité sera de mise concernant la perception des segments relevant le niveau général, à l’appréciation des goûts et des couleurs de chacun. Une chose est sûre, ABC’s of Death 2 est globalement moins bon que le premier. C’est un fait.

BANDE-ANNONCE (NON CENSURÉE) :

Par Nicolas Rieux

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