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YEARS AND YEARS : l’avis de Fred sur la mini-série anglaise

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Years and Years
Père : Russell T Davies
Date de naissance : 2019
Majorité : 24 juillet 2019
Type : Dispo sur Canal+ Séries
Nationalité : Angleterre
Taille : 6 épisodes
Genre : Anticipation

Livret de famille : Emma Thompson, Rory Kinnear, Russell Tovey…

Signes particuliers : Immanquable !

L’UNE DES MEILLEURES SÉRIES DE L’ANNÉE

AVIS SUR YEARS AND YEARS

Synopsis : Jan est convaincu que par nature, l’être humain est égoïste. Il n’est donc pas surpris que son covoiturage pour l’Espagne le plante sans prévenir. Jule quant à elle croit que l’humain est en réalité empathique et coopératif, et n’hésite pas à le prendre en stop dans son vieux Van 303. Ensemble, ils prennent la route direction l’Atlantique… 

WAOUH ! Je pensais Chernobyl imbattable au statut de mini-série de l’année et voilà que je découvre les six épisodes de cette bombe d’anticipation anglaise ! Comme son titre l’indique, Years and Years va partir de nos jours et s’étaler sur des années pour raconter l’effondrement de notre société moderne et de toutes les strates qui la composent avec un réalisme absolument terrifiant…

La série débute avec l’arrivée à la télévision de celle qui va devenir un monstre politique, Vivienne Rook (Emma Thompson), un condensé de populisme profitant de l’usure du système démocratique occidental pour monter en puissance et dont on suivra toujours en arrière-plan l’irrésistible ascension politique comme un virus se nourrissant des maux d’un ordre mondial en train de péricliter. Car, si la chute des socles de nos sociétés passera évidemment par des représentants politiques aussi opportunistes qu’inconscients (aux USA, Trump est d’ailleurs réélu pour un second mandat), c’est l’effet domino à tous les autres niveaux que mettra la série en avant : faillites économiques, guerres, replis nationaux, haines en tous genres, invasions technologiques dans notre quotidien, … La destruction de fondations que l’on pouvait pourtant bêtement penser inébranlables dans une société soi-disant éclairée emportera tout sur son passage jusqu’au quotidien de l’individu le plus lambda et se sentant à l’abri de toutes ces préoccupations globales.

C’est d’ailleurs là la grande force de Years and Years, nous présenter son propos via une famille dans tout ce qu’elle a de plus moderne en 2019 et prise peu à peu dans les conséquences de cette apocalypse sociétale. On découvrira ainsi pour la première fois la fratrie des Lyons par l’intermédiaire de leur débat sur le coup d’éclat médiatique introductif de Vivienne Rook. Avec leur grand-mère aux idées bien arrêtées mais finalement plus souvent pleine de bon sens qu’il n’y paraît, nous serons donc présentés : Stephen, père de famille aisée et dont une fille a de sérieux problèmes d’identité, Daniel vivant une relation idyllique avec son compagnon, Rosie, mère célibataire handicapée sur le point d’accoucher d’un nouvel enfant et Edith, globe-trotteuse militante absente depuis trop longtemps auprès des siens. Face à la gravité des évènements mondiaux, les existences de départ de ces frères et sœurs (vite résumées ici) vont bien sûr être bouleversées au fil des années, les emmenant dans un tourbillon de drames, voire même de tragédies, mais la force de cet environnement familial sera elle toujours présente comme une sorte de constante, de refuge inaltérable au milieu des épreuves. Même si le ton est résolument désespéré avec l’anéantissement d’à peu près tous les garde-fous qui nous empêchaient de sombrer dans un chaos planétaire (et tout -TOUT- est plausible, on frôle déjà la plupart des situations évoquées, c’est sidérant… et terriblement effrayant, les craintes technologiques de Black Mirror, c’est du pipi de chat à côté de ça !), croyez-le ou non, on s’amusera aussi dans Years and Years grâce à cette famille anglaise gardant malgré tout sa lumière -et l’humour qui va avec- en toutes circonstances (enfin, du moins, en beaucoup de circonstances). Si on devait chipoter, on pourrait dire qu’après le sommet atteint par le climax de l’épisode 4 (on en sort véritablement à terre !), la série précipite un peu trop facilement de nouveaux enjeux dans l’épisode 5 pour offrir un final plus spectaculaire… Mais, devinez quoi, il l’est et on pardonne assez aisément quelques tensions mises en place artificiellement pour y conduire.

Peu de séries ont le pouvoir de prendre aux tripes comme ça et de nous mettre face à nos responsabilités, notre passivité permanente et notre rejet perpétuel de la faute sur un système qui a priori nous dépasse. Years and Years nous rappelle qu’en plus d’être spectateurs du monde, nous en sommes aussi les acteurs et qu’il n’est jamais trop tard pour se réveiller afin d’assumer pleinement ce rôle. Cela peut sonner comme une évidence mais la série fait partie des meilleurs électrochocs pour le proclamer haut et fort, si bien qu’il est fort possible qu’on la regarde dans une décennie comme un des meilleurs lanceurs d’alertes fictifs jamais proposés… Ah, bien entendu, les acteurs sont tous formidables, tout comme la musique composée par Murray Gold qui apporte une énergie supplémentaire incroyable à la série ! En tout cas, moi, c’est déjà dans mon top 3 séries de 2019 avec Chernobyl et la saison 2 de Fleabag.

Par Frédéric Sebource

BANDE-ANNONCE :

 

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